Coupe du monde 2026 : pourquoi le pape Léon XIV parle-t-il autant de football ?
Léon XIV multiplie les références au football. Alors que la Coupe du monde se déroule actuellement aux États-Unis, au Mexique et au Canada, le pape américain évoque souvent ce sport pour son esprit d'équipe. Le football est une manière pour lui de parler de foi et d'interpeller une génération qui connaît parfois mieux les stades que l'Église.
©VaticanMédiaPlus qu'un simple goût pour le ballon rond ! Le 10 juin dernier, à Barcelone, Léon XIV surprend son auditoire. Alors que les matchs de Coupe du monde s'enchaînent, le pape compare la vie chrétienne à un match de football. Quelques jours plus tôt, interrogé sur un éventuel duel entre les deux clubs rivaux en Espagne, le Real Madrid et le FC Barcelone, il refuse de choisir un camp. Une réponse diplomatique... Le pape ne voulait pas exprimer une préférence footballistique autour de la rivalité très populaire entre les deux clubs espagnols. Pour le Mondial, il reconnaît qu'il soutiendra "sans aucun doute" les États-Unis, son pays de naissance, ajoutant avoir un faible pour le Pérou. Pays où il a longtemps vécu mais n'est pas qualifié pour la Coupe du monde.
Le sport a toujours eu une place particulière dans l'Église. Saint-Paul apôtre disait dans sa lettre aux Corinthiens : "Vous savez bien que, dans le stade, tous les coureurs participent à la course, mais un seul reçoit le prix. Alors, vous, courez de manière à l’emporter".
Le football comme communication de la foi
Le 10 juin, devant plusieurs centaines de fidèles réunis à Barcelone, Léon XIV développe ainsi sa vision du football. "La vie n'est pas une course à mener de façon solitaire", explique-t-il. Puis il poursuit : "Quelqu'un peut-être une star, mais s'il ne fait jamais de passes, il va probablement perdre". Le football devient alors dans son discours une image de l'Église : les chrétiens doivent transmettre et ne peuvent avancer seuls.
Cet attrait pour le football n'est d'ailleurs pas récent. Lors de son voyage en Espagne, Léon XIV a raconté avoir suivi sa première Coupe du monde en 1982, lorsque le pays accueillait la compétition. Plus tard, au Pérou, il regardait régulièrement les matchs avec des séminaristes. Lui-même a joué au football pendant sa jeunesse : "Je n'étais pas un grand buteur", confiait-il avec humour.
Un outil pour parler aux jeunes
Pourquoi alors le football revient-il aussi souvent dans son discours ? D'abord parce qu'il s'agit du sport le plus populaire au monde. Il parle à beaucoup de jeunes. En 2022, plus de cinq milliards de personnes ont suivi tout ou une partie de la Coupe du monde selon la FIFA.
Le 25 mars dernier, l'ancien joueur international français, Mikaël Silvestre, est reçu au Vatican. Il offre au pape un maillot floqué "Léon XIV" et un ballon du programme "Football for the Goals" soutenu par l'ONU.
Lorsqu'on lui demande quel poste lui correspond le mieux sur un terrain, Léon XIV répond : gardien de but. Une position discrète sur le terrain mais essentielle. Pour lui, c'est une manière aussi de décrire sa vision du pontificat : à l'image du gardien de but qui est le dernier défenseur de son équipe et protège les cages, le pape lui doit protéger, encourager et rester attentif aux autres.
Plus qu'un simple attrait
Le pape ne présente pourtant pas le football comme un modèle parfait. Les dérives du sport sont bien connues, entre les violences dans les tribunes, les rivalités entre supporters, le poids de l'argent, l'impact écologique des grandes compétitions... En 2014, le pape François rappelait ainsi que le football ne devait pas devenir "une industrie de l'individualisme", mais un "instrument pour communiquer des valeurs qui promeuvent le bien de la personne humaine et contribuent à la construction d'une société plus pacifique et fraternelle". Cette vision, Léon XIV s'en inspire aujourd'hui lorsqu'il compare le terrain de football à la vie chrétienne. Début juin, le pape avait consacré son intention de prière au sport, qu'il soit, disait-il, "une école de fraternité et non de rivalité vide, un espace de rencontre et non d’exclusion, un chemin de paix et non de violence".




