JavaScript is required
Accueil
Contre les violences conjugales, une solution d’hébergement citoyen à Lyon

Contre les violences conjugales, une solution d’hébergement citoyen à Lyon

Un article rédigé par Anaïs Sorce - RCF Lyon, le 28 mai 2026 - Modifié le 29 mai 2026
L'invité de M Comme Midi · RCF LyonViolences conjugales : une nouvelle solution d'hébergement citoyen en Auvergne-Rhône-Alpes

Aider une victime de violences conjugales ou intrafamiliales simplement... avec une chambre, c'est possible. L'association Un Abri qui sauve des vies mobilise des particuliers prêts à ouvrir leurs portes pour mettre à l'abri des victimes alors que 40% de celles ayant besoin d'un hébergement restent aujourd'hui sans solution. 

L'hébergement citoyen est une solution temporaire pour les victimes de violences - © Gregoy Pappas via UnsplashL'hébergement citoyen est une solution temporaire pour les victimes de violences - © Gregoy Pappas via Unsplash

En France, 272 400 personnes ont été victimes de violences conjugales en 2024 d'après les services de sécurité mais seule une victime sur six porterait plainte. Une démarche difficile à engager en vivant sous le même toit que l'auteur des violences. En complément des dispositifs d'hébergement d'urgence, des structures s'engagent sur le territoire pour venir en aide aux victimes. Parmi elles, Un Abri pour sauver des vies, un projet étudiant né à Lyon, en pleine pandémie de Covid et qui, six ans après, a pris une ampleur nationale. 

Hébergement citoyen : la solidarité au service des victimes

Sur le modèle du prêt de logement vacant proposé au personnel soignant pendant le confinement de 2020, la plateforme vise à mettre en relation des particuliers et des victimes de violence en France. Aujourd'hui, l'association compte plus de 1 400 « abritants », le nom choisi pour les citoyens qui ouvrent leur domicile, dont 200 en Auvergne Rhône-Alpes. Une mobilisation qui a conduit l'association a ouvrir, le 19 mai dernier, une antenne régionale. « L'objectif, c'est de pouvoir prendre connaissance des acteurs de terrain, rencontrer des institutionnels, les associations locales, des bénévoles, toute personne qui peut s'investir à son échelle dans la lutte contre les violences pour pouvoir développer l'association sur le territoire » explique Meg Gervais, chargée de développement de l'association. Une vingtaine de personnes auraient déjà été accueillies dans le département du Rhône, avant même l'événement de lancement de l'antenne régionale. 

Le succès du dispositif tient sans doute dans sa simplicité, emprunte de solidarité. Chaque victime peut joindre la permanence téléphonique entre 8h et 20h ou contacter l'association en ligne, grâce à un formulaire d'orientation. Après analyse de la situation de la victime, notamment géographique, et en cas de compatibilité, une mise en relation s'effectue avec des particuliers prêt à ouvrir leurs portes pour une mise à l'abri temporaire. Les bénéficiaires ne doivent présenter ni dépôt de plainte, ni certificat médical et l'hébergement citoyen s'adresse à toute personne qui se déclare victime de violences conjugales ou intra-familiales, quelle que soit son identité de genre, à la seule condition qu'elle soit majeure. Pour Meg Gervais, « l'objectif, c'était aussi de lever un frein à la mise à l'abri de certaines personnes, notamment quand il y a des enfants ou des animaux » dont l'accueil en hébergement d'urgence est parfois plus compliqué.

Héberger une victime pour lui offrir « un répit temporaire »

Pour héberger une victime, un petit espace suffit : chambre, canapé lit dans le salon, dépendance ou logement vacant, tous les endroits fonctionnent tant qu'ils sont mis à disposition gratuitement et sans aucune contrepartie. « Ce qu'on demande évidemment, c'est de la bienveillance, de la tolérance, du respect et d'avoir aussi envie d'accueillir une personne victime à la maison pour lui proposer un petit temps de répit temporaire, en fonction de ses disponibilités » détaille Meg Gervais. L'hôte est libre de son emploi du temps et peut partager, s'il le souhaite, des moments de convivialité avec la personne qu'il héberge : repas devant la télé, après-midi jeux de société, etc. Les accueils durent quatorze jours en moyenne mais ils peuvent se réduire à quelques nuits ou s'allonger à plusieurs semaines, en fonction des besoins et des envies de chacun. Pour accompagner au mieux les victimes, les abritants sont épaulés par l'association mais « il n'y a pas forcément de règles à suivre. C'est simplement pouvoir accueillir la parole si la victime le décide. Ce n'est pas obligatoire et parfois, simplement échanger avec cette victime sur des sujets légers comme le temps qu'il fait, ça suffit amplement ».

Et le dispositif fonctionne : alors que les victimes de violences réalisent sept à huit aller-retours au domicile conjugal et familial avant de le quitter définitivement, l'hébergement citoyen et ses 17 000 nuitées réalisées grâce à l'association abaissent cette moyenne. 

L'invité de M Comme Midi · RCF Lyon
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'invité de M Comme Midi · RCF Lyon
L'invité de M Comme Midi · RCF Lyon
Découvrir cette émission
Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Pour aller plus loin

Suivez l’actualité nationale et régionale chaque jour

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.