Consistoire : "En convoquant régulièrement les cardinaux, le pape retrouve de la collégialité"
Léon XIV convoque les cardinaux à Rome pour le deuxième consistoire de son pontificat. Les cardinaux seront réunis à partir de ce 26 juin pour deux journées d’échanges. Plusieurs thèmes seront abordés, notamment celui de la mission et celui de la guerre juste. Pour en parler, Jean-Baptiste Noé, rédacteur en chef de la revue Conflits et auteur de Léon XIII, le pape de la modernité.
©Vatican mediaLe pape Léon XIV va rassembler les 241 cardinaux, électeurs et non-électeurs, pour deux journées d'échanges à partir de demain matin. Après un premier qui avait eu lieu au mois de janvier, il s’agit déjà de son deuxième consistoire. Le pape américain renoue ainsi avec une tradition laissée de côté par son prédécesseur.
Le consistoire, lieu de consultation des cardinaux
Le consistoire est convoqué librement par le pape, qui rassemble le Collège des cardinaux pour le conseiller. Il s’agit « d’une tradition de l’Église », précise Jean-Baptiste Noé. En convoquant les cardinaux répartis partout autour du monde, le pape « permet ainsi un mode de gouvernement beaucoup moins fondé sur la personne du pape », remarque le rédacteur en chef de Conflit. Pour lui, « cette subsidiarité est essentielle pour diriger une Église présente sur tous les continents ».
Le pape ne gouverne pas seul
Les cardinaux, qui vont participer au consistoire, ont reçu un document indiquant des règles très strictes. Il leur est demandé que « les échanges soient secrets », indique Jean-Baptiste Noé, et qu’aucune information sur les débats ne soit dévoilée à la presse. Cette règle est imposée, « non pas pour cacher des choses », mais « pour que la parole soit libre », explique-t-il. Ainsi, comme le précise le rédacteur en chef de Conflit, « le secret est une manière de préserver le gouvernement, de permettre à chacun de s'exprimer librement. Il est une condition de la liberté ».
Les principaux thèmes qui seront abordés
Demain matin, les cardinaux vont être réunis après une messe présidée par le pape dans la basilique Saint-Pierre à 7 h 30. La première session sera consacrée à la mission. Le défi des cardinaux sera d’échanger sur la manière « de maintenir le message, qui lui ne change pas, mais en revanche de faire modifier la manière de le présenter », avance Jean-Baptiste Noé. Il s’agit pour eux d’adapter le message du Christ à une société qui a évolué. « Cela montre bien que le pape centre son pontificat sur l'idée de la mission, de l’évangélisation », remarque-t-il.
Le thème de la culture de la puissance et de la civilisation de l’amour sera aussi abordé lors de ce consistoire. Dans un monde polarisé, marqué par la violence, les guerres, les cardinaux discuteront du concept de guerre juste. Un concept souvent interrogé par le pape lui-même, qui souhaite le dépasser, pour accorder plus d’importance à la notion de justice. Comme l’explique Jean-Baptiste Noé, le pape considère le concept de guerre juste « bloqué par les évolutions de la guerre ».
Et pour nourrir leur réflexion, les cardinaux s'appuieront sur l'encyclique que vient de publier Léon XIV, Magnifica Humanitas. Cette réflexion du pape sur la personne humaine à l'ère de l’IA sera aussi l'occasion pour l'ensemble du collège cardinalice de réfléchir à la manière de garder le cap d'un développement humain intégral dans un contexte de nouvelle révolution technologique.


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