Lyon : une association lance une collecte participative pour sauver un métier à tisser unique à la Croix-Rousse
Niché à l’étage d’un bâtiment de la Croix-Rousse, l’association Soierie Vivante se donne pour mission de conserver un patrimoine propre à l’identité lyonnaise : les métiers à tisser. Au printemps 2026, elle a lancé une collecte participative pour tenter de faire fonctionner à nouveau un métier bien particulier, capable de réaliser des images en tissu aux détails spectaculaires.
Métier à tisser dans l'atelier de Soierie Vivante © Mémona Kowalczyk - RCF LyonJusqu'au XXe siècle, Lyon n'a pas usurpé son surnom de capitale de la soie. Dans le quartier de la Croix-Rousse, jusqu’à 60 000 métiers à tisser étaient nichés dans les étages des immeubles. Chaque étage était construit de sorte à supporter les vibrations qui émanaient des machines en activité quotidienne.
Au moment de l’industrialisation du textile et de l’apparition de nouvelles technologies générant trop de vibrations, les métiers à tisser traditionnels ont peu à peu déserté les appartements des canuts, laissant malgré tout leurs traces dans les spécificités architecturales du quartier.
Empêcher la disparition du patrimoine
Aujourd’hui, les métiers à tisser à la Croix-Rousse se comptent sur les doigts d’une seule main. Trois d’entre eux sont conservés dans les locaux de l’association Soierie Vivante, créée en 1993. Henriette Létournaux, ancienne passementière, née dans le même immeuble et après y avoir effectué l’ensemble de sa carrière, souhaitait empêcher la disparition de ce patrimoine et des machines auxquelles elle avait consacré sa vie.
Elle créa alors un groupe de passionnés, devenu aujourd'hui association. « Pouvoir conserver ce patrimoine, c’est pouvoir entrer dans un lieu et avoir l’impression d’entrer dans une brèche temporelle, être témoins des gestes et des techniques de l’époque », exprime Romane Joguet, membre de l’équipe.

Lancement d’une collecte participative
Soierie Vivante réalise aujourd’hui de nombreux ateliers ouverts au grand public, permettant de découvrir le fonctionnement complexe de ces machines : cartons de codage donnant au métier à tisser l’indication des motifs désirés, observation du tissage en action… Certains ateliers permettent aussi de fabriquer ses propres créations tissées à l’aide de métiers manuels.
En mars 2026, Soierie Vivante a lancé une collecte participative dans le but de faire réparer un métier à images tissées, capable de réaliser des images aux détails spectaculaires, qui pourraient facilement se fondre parmi des photographies numériques. 10 000 euros sont attendus pour permettre cette opération, 2 000 euros ont déjà été récoltés.
