Congrès National de l'APEL : la liberté de choix de l'école réaffirmée
“La liberté”, au cœur du Congrès national de l’APEL ce week-end à Nancy ! En Pays de Savoie, ce sont 40 000 familles, qui ont inscrit leurs enfants dans le privé. Michel Flammier et Vincent Mussard, les deux présidents de l’Association des Parents d’Elèves de l’Enseignement Libre en Savoie et Haute-Savoie, répondent aux questions de Victorien Duchet.
(à g.) Michel Flammier, président de l'APEL de la Savoie. (à dr.) Vincent Mussard, président de l'APEL de Haute-Savoie. ©RCF Savoie Mont-BlancCe texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur le player pour l'écouter en intégralité.
RCF : Vous ouvrez un débat sur le pluralisme éducatif et la liberté de choix de l’école. Selon vous, la liberté de l’enseignement n’est plus garantie aujourd’hui en France ?
Vincent Mussard : La liberté de l'enseignement est garantie par la loi Debré de 1959. Dans nos démocraties, rien n'est vraiment acquis. Il est nécessaire de continuer à affirmer cette liberté, et de ne pas opposer les différents types d'enseignements, mais de les proposer comme des solutions complémentaires.
RCF : Mais pourquoi réaffirmer un principe qui est écrit, rappelé par le Conseil Constitutionnel, la liberté de l’enseignement offre le choix à tout parent de recourir pour son enfant tel ou tel mode de scolarisation, dans l’enseignement public, dans l’enseignement privé, sous contrat et hors contrat. Une liberté protégée par les lois de la République. Pourquoi réaffirmer, revendiquer ce principe qui semble-t-il est inscrit dans le marbre ?
Michel Flammier : Le Congrès permet de rappeler cette conviction, et d'assoir la liberté que chacun a dans la diversité de l'éducation, qui est ouverte à tous.
Vincent Mussard : Dans le débat public, il y a des volontés idéologiques de remettre en question cette liberté. L'enseignement privé et l'enseignement public coexistent depuis longtemps, il n'y a aucune raison de remettre en question cette coexistence. Il y a beaucoup d'incompréhension de ce qu'est le privé.
RCF : Pourquoi avoir choisi le privé pour vos enfants ? Parce que établissements répondent mieux aux défis que vous allez évoquer dans votre congrès, le défi de l’autorité, la place du numérique, la santé mentale des jeunes.
Vincent Mussard : Je me rappelle des paroles malheureuses de l'ancienne ministre de l'Education Nationale Amélie Oudéa-Castera. Moi, je ne ferai aucune critique contre le public. J'ai grandi dans le public jusqu'en primaire. Mes enfants fréquentent le privé aujourd'hui. Dans le privé, les parents font partie intégrante du système éducatif. C'est la première force du privé.
Michel Flammier : J'ai fait toute ma scolarité dans le privé. Mes enfants également. Ce que j'apprécie dans le privé, c'est l'encadrement des élèves, des réponses plus concrètes sur le numérique et la considération des parents dans le cheminement global de l'école.
RCF : L’Assemblée Nationale a adopté à l’unanimité la proposition de loi visant à renforcer la protection des mineurs contre les violences dans les établissements scolaires. Qu’est ce que vous attendez de cette loi dite "Bétharram" ?
Vincent Mussard : Cette loi concerne le privé comme le public. On parle de harcèlement, de violences scolaires, mais aussi dans le cadre familial. Il y a aussi l'exemple de Sainte-Croix des Neiges à Abondance. Il y a eu une libération de la parole, conduisant à un "Me Too de l'enfance violentée". Ce texte doit apporter une réelle avancée sur cette problématique de violences envers les jeunes.
RCF : Cette loi, dite Bétharram a été votée à l’unanimité, aussi parce que la levée du secret de la confession a été retirée de la proposition de loi. Aujourd’hui, les religieux peuvent ne pas dénoncer des violences sexuelles évoquées au confessionnal. Les propos entendus dans un confessionnal relèvent du secret professionnel.
Vincent Mussard : C'est un compromis qui a été fait à la droite. Je me réjouis de l'unanimité.
Michel Flammier : Le retrait de la loi de la levée du secret de confession, c'est très bien. La loi permet aussi aux prêtres de dénoncer en leur âme et conscience des violences sexuelles, sans trahir la confession. Ils sont protégés par la loi. De fausses déclarations peuvent aussi causer des dégâts sur des personnes faussement accusées.


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