Comment transformer l'épreuve du cancer en message d'espoir ?
Il est l’invité exceptionnel du Printemps du livre à Cognin ce dimanche 29 mars. A 39 ans, Maxime Cloquié apprend la terrible nouvelle : le savoyard est atteint d’un cancer des testicules. Un coup d’assommoir sur la tête de ce sportif au quotidien effréné. Après l’annonce, il tient un carnet de bord dans lequel il revient sur les longs mois de combat contre la maladie. En décembre dernier, le miraculé sort un livre “Mon cancer m’a sauvé” aux éditions Nombre 7, pour raconter comment le crabe a finalement été salutaire dans sa vie.
Le livre "Mon cancer m'a sauvé", de Maxime Cloquié, est sorti en décembre 2025. ©Nombre 7 EditionsCe texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur le player pour l'écouter en intégralité.
RCF : "Mon cancer m'a sauvé", c'est un titre qui peut dérouter. Comment un cancer peut-il être salutaire ?
Maxime Cloquié : C'est un titre qui peut surprendre. Je voulais interpeller le lecteur. J'étais pris dans une forme de spirale dans le domaine professionnel. Et je ne crois pas que je m'en serai sorti si je n'avais pas eu ce cancer. Malgré les difficultés, la maladie m'a extirpé de cet environnement toxique.
RCF : Le cancer vous a forcé à ralentir, à à vous tourner vers votre famille ?
M.C : C'est indéniable ! Mon épouse et mes enfants ont été une source d'énergie considérable. J'ai tissé des liens encore plus forts avec mon épouse.
RCF : Dans votre carnet de bord que vous tenez après l’annonce du diagnostic, vous racontez les séances de chimiothérapies, les interventions chirurgicales, vous parlez de période la plus douloureuse de votre vie. Qu’est ce qui était le plus dur ?
M.C : L'ensemble des effets secondaires a été le plus dur. Ces effets secondaires liés à la chimiothérapie mettent tellement les batteries à plat. Il y a aussi le combat psychologique. On a aussi du mal en tant qu'homme d'exprimer ses émotions. Surtout quand ça touche à la virilité. S'il y a un message de prévention, je dirais aux hommes, si vous avez un doute, vraiment, passez l'échographie, n'attendez pas.
RCF : De plus en plus de jeunes sont atteints par le cancer. Vous êtes l’exemple même que ça peut arriver à tout le monde. Sportif, pas d’excès, ni de tabac ou d’alcool, est-ce qu’il n’y a pas une phase où l’on crie à l’injustice après le diagnostic ?
M.C : Je ne dirais pas que j'ai crié à l'injustice. En revanche, j'ai cherché à comprendre. J'ai mis le doigt sur les causes de la maladie. Je pense que mon environnement professionnel a joué. C'est un ressenti. Mais heureusement, j'ai eu la chance de poursuivre mon activité physique. Je courais, je pédalais, l'activité physique permet une meilleure tolérance aux traitements, et prévient la récidive.
RCF : Vous avez créé l’association Pédalons Contre le Cancer. Vous êtes à l’origine de l’événement le Tour des 3 Lacs. Qu’est-ce que cet événement le Tour des 3 lacs ?
M.C : Avec ma bande d'amis cyclistes, on voulait porter un message d'espoir et de solidarité aux familles de malades du cancer. On a décidé de créer cette course de 270 km, autour des lacs du Bourget, d'Aiguebelette et d'Annecy. Aujourd'hui, cet événement a pris de l'ampleur. On était une dizaine au départ en 2020, on est 300 aujourd'hui, avec d'autres parcours. Chacun vient pédaler ce jour-là, s'entraider pour parvenir aux objectifs personnels. Les bénéfices de cette course sont reversés à la Ligue Contre le Cancer de la Savoie. On avait récolté 12 500 euros en 2025. La prochaine édition se déroulera le 27 juin.


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