Clermont-Ferrand : rentrée sous tension pour le réseau T2C
Alors que les derniers travaux devraient toucher à leur fin en 2027, le réseau des transports en commun de Clermont-Ferrand semble rencontrer plusieurs obstacles sur la route. Tensions entre la Métropole et la mairie, préavis de grève et ralentissements sont à prévoir pour la rentrée scolaire.
Une rentrée qui s'annonce perturbée sur la ligne A © RCFMise en service seulement depuis le 20 décembre 2025, la nouvelle formule du réseau T2C (Transports en commun de l'agglomération clermontoise) espérait attirer une clientèle plus importante sur ces 6 premiers mois d'existence. Avec environ 20% de bus en plus, la fréquentation générale du réseau a augmenté de +22% par rapport à la même période en 2025, mais de +76% sur les lignes B et C qui ont vu le plus de changements. Une augmentation qui rentre dans les objectifs annoncés en début d'année. « On est vraiment très satisfaits, mais il faut poursuivre et aller chercher les usagers » maintient Guillaume Astaix, directeur du SMTC (Syndicat mixte des transports de l'agglomération clermontoise).
Réouverture des voies réservées
L'un des points noirs de cette rentrée est la réouverture de 2 axes qui avaient été reservés pour la circulation des bus : l'avenue Bergougnan et la rue Oradou. Les calculs du SMTC montrent qu'en heure de pointe en juin, les bus accusaient un retard de 3 minutes sur l'avenue Bergougnan, et qu'avec le trafic de septembre le retard pourrait monter à 5 minutes par bus. Des retards 6 fois plus importants qu'annoncé par le maire de Clermont-Ferrand Julien Bony au moment de sa décision de rouvrir cet axe.
La rue de l'Oradou vient aussi de redevenir empruntable par les voitures. Le SMTC et T2C restent prudents, mais ils estiment que ces deux décisions, prises par le maire en opposition à la Métropole, vont mener à des retards cumulés de presque 15 minutes sur la ligne C. Cela représente 25% d'augmentation de temps de trajet sur cette ligne. « J’aurais préféré que le maire de Clermont fasse une phase test en pleine concertation avec le SMTC » regrette Eric Egli, président du SMTC. « S’il y a d’autres réouvertures ça va être catastrophique ».
Compenser cette perte de temps pourrait s'avérer très coûteux pour la T2C, et ce alors que les lignes B et C n'ont pas encore reçu tous les tram-bus HESS. Le 40e et dernier tram-bus devrait être réceptionné dans les prochaines semaines, mais seulement 27 peuvent déjà rouler. C'est 9 de moins que ce qu'il faudrait pour assurer le service en horaire d'hiver. Le constructeur, qui devait livrer les 40 fin 2025, s'est déjà vu imposé des amendes de plus de 270 000 euros pour ces retards.
Grève à la rentrée
C'est dans ce contexte que l'intersyndicale de la T2C a posé un préavis de grève reconductible pour le 1er septembre. Une grève pour protester contre la réouverture des voies décidée par Julien Bony, les faits de violences contre les conducteurs qui ont entaché l'été 2026, mais surtout la réduction du budget de la T2C. Aujourd'hui fixé à 93,8 millions d'euros par an, ce budget devrait être baissé à 90 millions dans deux ans. Si la T2C travaille sur plusieurs scénarios, cette diminution va peut-être passer par un gel des salaires ou une réduction du service, ce que rejette l'intersyndicale.
Si pour l'instant les estimations ne sont pas officielles, la présidente de la T2C Fabienne Thouly estime que cette mobilisation devrait "être très suivie". Le réseau sera donc très dégradé pour cette rentrée scolaire, et ce pour quelques jours.
