Clermont-Ferrand : le témoignage d'un réfugié iranien
Alors que le Moyen-Orient fait face depuis bientôt une semaine à une nouvelle flambée de violences, Saïd*, jeune chrétien iranien, est venu décrire son parcours, mais aussi partager ses inquiétudes, hier au micro des antennes RCF en Auvergne.
Depuis une semaine, le jeune réfugié demeure sans nouvelle de sa familleÀ la sortie d’une messe à Riom, il y a un an et demi, une rencontre a changé le parcours de Saïd, réfugié iranien converti au christianisme. Ce jour-là, il aborde le père Paul Destable, prêtre coopérateur de la paroisse Notre-Dame-des Sources-en-Pays-Riomois et recteur du sanctuaire de Thuret. Au fil des rencontres, le père Destable s’intéresse aussi à sa situation administrative et matérielle : logement, démarches, accompagnement. Après près de deux ans de procédures et deux passages devant le tribunal, la décision est finalement tombée : Saïd a récemment obtenu un titre de séjour de dix ans. « On a fait la fête chez moi le soir même », sourit le père Destable.
« Je prie pour que ma famille soit en sécurité »
Installé actuellement à Clermont-Ferrand, Saïd poursuit son intégration et l’apprentissage de la langue française. ». L’actualité internationale ravive aujourd’hui ses inquiétudes. Depuis plusieurs jours, il est sans nouvelles de sa famille restée en Iran. « Cela fait une semaine que je n’ai pas de contact. Internet est coupé et, comme je suis réfugié ici, c’est dangereux pour eux de m’appeler », confie-t-il avec anxiété.
Les images de guerre qu’il voit circuler sur les réseaux sociaux nourrissent son inquiétude. « Quand je regarde ces vidéos, j’essaie toujours de voir si ma ville ou mon quartier ont été bombardés ». Dans cette période d’angoisse, il trouve du soutien auprès de ses proches en France : « Le père Paul m’a dit qu’il priait pour l’Iran ».
Pour le père Destable, l’histoire de Saïd rappelle la fragilité de nombreux exilés : « J’en ai rencontré d’autres : des Iraniens, un Égyptien aujourd’hui en attente de papiers. Beaucoup ne peuvent pas travailler et vivent dans une grande incertitude ». Saïd, qui poursuit son apprentissage aux côtés d'associations, de paroissiens, est désormais en quête d'éclaircies : « Je prie pour que ma famille soit en sécurité et pour que la paix revienne ».
*Le prénom a été modifié
