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« Chroniques d’une survivante », un livre de Catherine Bertrand
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« Chroniques d’une survivante », un livre de Catherine Bertrand

RCF,  -  Modifié le 18 décembre 2018
Chaque jeudi Christophe Henning propose une chronique sur une nouveau livre.

Christophe Henning, vous nous présentez « Chroniques d’une survivante », un livre de Catherine Bertrand, publié aux éditions de la Martinière.
 
Il y a quarante-huit heures, nous faisions mémoire des victimes des attentats du 13 novembre. Trois ans après le Stade de France et le Bataclan, les cérémonies officielles se sont succédées, avec hommages aux victimes et remises de médailles aux survivants, fermez le ban. Mais voilà, pour ceux qui ont connu l’horreur, il faut encore vivre entre deux commémorations. Et c’est un peu ce que nous raconte Catherine Bertrand, survivante du Bataclan, oui, elle y était. J’insiste parce que, c’est ce qu’elle raconte dans son livre, elle a du mal a convaincre ses interlocuteurs. « Comment j’ai fait pour récupérer un boulet pareil ? » dit-elle dans ce récit illustré, ce témoignage graphique : Catherine Bertrand dessine, gribouille et raconte les saynètes d’une vie bouleversée. Elle n’avait que des petits boulets « comme toute le monde », des soucis ordinaires : depuis le 13 novembre 2015, elle se traîne énorme boulet autrement décrit comme un « état de stress post-traumatique ».
 
C’est quoi le quotidien d’une victime de « stress post-traumatique » ?
 
C’est un profond bouleversement, et on peut subir un état de stress post-traumatique après un attentat bien sûr, mais aussi après un accident, une agression… Bref : ce que raconte Catherine Bertrand est vécu par de nombreuses personnes, qui culpabilisent, c’est vrai ; elle est sortie vivante du Bataclan, sans séquelles physiques et pourtant… elle ne parvient pas à reprendre le cours normal de l’existence. Passant par des moments d’euphorie et des effondrements, elle traîne cette blessure psychique qu’elle raconte avec humour, mais ça ne change rien : un coup de frein dans la rue, une sirène, un marteau piqueur, et ce sont des angoisses incontrôlables qui surgissent. Le dessin à gros traits de l’auteur nous fait entrer dans cette instabilité qui rend tout plus compliqué. Pas question de larmoyer : ce journal d’une survivante, c’est des instants saisis au vol, dans un monde parfois dur, capable de résilience comme disent les professionnels, mais qui nécessite une folle énergie : « Tous les jours, il faut inventer des stratagèmes pour souffrir le moins possible », écrit-elle.
 
Est-ce que ça veut dire qu’il y a des blessures invisibles et irréductibles…
 
Comme dit Catherine Bertrand, « je suis vivante, j’vais pas me plaindre »… Mais son témoignage souligne en effet qu’il y a des situations de souffrance difficiles à percevoir, et que la solitude est souvent une double peine pour les victimes de toutes les agressions. Quand on prend un boulet sur la tête, il faut faire avec… et en faire quelque chose : Catherine Bertrand a bien fait d’un faire un livre.

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