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Christian Eckert: "perdre une élection ne vous condamne pas au silence éternel"
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Christian Eckert: "perdre une élection ne vous condamne pas au silence éternel"

RCF,  -  Modifié le 28 juin 2021
L'Invité de la Matinale Christian Eckert: perdre une élection ne vous condamne pas au silence éternel
Christian Eckert est le Grand Invité de la Matinale RCF. Il revient sur ses années passées au gouvernement, en tant que secrétaire d'Etat chargé du budget.
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"Emmanuel Macron a fait le choix d'une politique libérale"

"J’ai vu Emmanuel Macron devenir le président des riches". Cette phrase, c’est le sous-titre du dernier ouvrage de ​Christian Eckert, ancien secrétaire d’Etat chargé du budget au ministère des Finances entre 2014 et 2017, auteur de "Un ministre ne devrait pas dire ça" (éd. Robert Laffont).

"Ce n’est pas de la haine, c’est un constat. L’exercice du pouvoir est difficile. C’est rarement binaire, et il faut faire des choix. Ces choix doivent être toujours expliqués. Quand on est ministre d’un gouvernement, on a un devoir de solidarité, parfois de réserve. Je fais le constat que l’arrivée d’Emmanuel Macron à la présidence de la République a été préparée depuis Bercy, en utilisant le poste que lui avait confié François Hollande. C’est une première source d’interrogation. Il s’est passé un an depuis, et on juge sur les actes. Emmanuel Macron a fait les choix d’une politique libérale, sur le fond, et dans la forme" explique Christian Eckert.
 

Christian Eckert, l'anti-Emmanuel Macron?

"Quand on dit que dans les aides sociales on met un pognon de dingue, je crois qu’un président ne devrait pas parler comme ça. Et sur le fond, les aides sociales, c’est vraiment le minimum que l’on puisse faire pour que des hommes et des femmes survivent" cite l’ancien ministre comme exemple, en insistant bien sur la notion de survie.

A la lecture du livre de Christian Eckert, on a le sentiment que l’auteur est en fait une sorte d’anti-Emmanuel Macron. Ce sont deux façons différentes de penser la France, de penser la politique, de penser l’engagement. "C’est quelque chose qu’il a cultivé vis-à-vis de moi. J’étais petit au niveau du gouvernement. Il a cultivé cette forme de modernisme. Aller faire le show à Las Vegas, c’est du modernisme. Moi quand je suis aux côtés d’une entreprise de 200 salariés en Lorraine qui est menacée de fermer, c’est une autre sorte d’approche des choses de la vie" lance Christian Eckert.
 

"L'ascenseur social fonctionne encore"

Dans son livre, Christian Eckert décrit la véritable stratégie mise en place par Emmanuel Macron pour arriver au pouvoir. Sans forcément s’attarder sur la défaite de la gauche. "Emmanuel Macron a été habile, et il a aussi été servi par un concours de circonstance. Nous n’avons pas été parfaits. Si l’exercice avait été parfait, nous serions toujours en place. Nous étions divisés" analyse encore Christian Eckert. "Mais avec le temps, les gens commencent à faire des comparaisons" lance encore l’ancien ministre.

Dans son ouvrage, Christian Eckert ne dépeint pas un quotidien tout rose. Il reconnait avoir dû avaler beaucoup de couleuvres. "Trois ans au Budget, ça essore un homme physiquement et peut-être un peu moralement. Dans une équipe il y a un chef, il faut discuter avec les autres membres, mais si l’on n’est pas à l’aise, on se plie ou on s’en va" reconnait l’homme politique lorrain qui préfère insister sur le fait que l’ascenseur social fonctionne encore, et qu’un professeur de maths lorrain peut devenir secrétaire d’Etat du Budget, sans avoir de réseau, et sans être sorti de l’ENA.

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