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Chez Jean-Claude et Cathy, famille d'accueil depuis 25 ans de jeunes délinquants

Chez Jean-Claude et Cathy, famille d'accueil depuis 25 ans de jeunes délinquants

Un article rédigé par Aurélien Vurli - RCF Hauts de France, le 9 février 2026 - Modifié le 11 février 2026
ImmersionChez Jean-Claude et Cathy, famille d'accueil de jeunes délinquants

Ils sont une quarantaine de familles dans le département à accueillir des jeunes suivis par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Parmi elles, Cathy et Jean-Claude. Famille d’accueil depuis plus de 25 ans, ils hébergent aujourd’hui un adolescent pris en charge par la justice, avec une conviction intacte : offrir un cadre, du respect et une place.

 « Ce sont des jeunes qui ont besoin d’être aidés. On a jugé que c’était favorable pour nous de les accueillir. » ©A.V/RCF « Ce sont des jeunes qui ont besoin d’être aidés. On a jugé que c’était favorable pour nous de les accueillir. » ©A.V/RCF

Placé en invalidité il y a plus de vingt-cinq ans, Jean-Claude ressent le besoin de rester utile. « J’en avais besoin. J’avais un bon feeling avec les enfants, alors j’ai candidaté pour accueillir des jeunes de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) », raconte-t-il. Avec sa femme, Cathy, le couple choisit d’accueillir des mineurs suivis par la justice.

« Ce sont des jeunes qui ont besoin d’être aidés. On a jugé que c’était favorable pour nous de les accueillir. Ils ont besoin d’un cadre et d’un suivi, et c’est ce que nous, familles d’accueil, on leur apporte », explique Jean-Claude.

La famille a commencé à accueillir des enfants alors que le dernier de la fratrie était encore à la maison. Aujourd'hui, les enfants de Jean-Claude et Cathy ne sont plus à la maison. Les ados suivi par la PJJ sont les seuls enfants qui restent à la maison.

Un cadre familial

Avant de devenir famille d’accueil, le couple a dû suivre un processus précis de la PJJ. « On a rencontré un psychologue, un éducateur est venu visiter l’appartement, il y a pas mal de petits trucs à vérifier », se souvient le père de famille. Une fois le process terminé, un jeune mineur suivi par la PJJ pour avoir commis une infraction peut être accueilli dans cette famille d'accueil. 

On prend les repas ensemble, sauf si le jeune travaille. On explique les horaires de sortie, les règles… c’est comme dans une famille. 

Sans se substituer aux parents, le couple se définit autrement : « Pour moi, on est plus le tonton et la tata », sourit-il. « Je les prends comme mes grands-parents », juge Léo (prénom modifié), accueilli chez Cathy et Jean-Claude depuis juin 2025. Pris en charge par la PJJ suite à une « bêtise », il suit aujourd’hui une formation en alternance comme employé polyvalent.

Au quotidien, il participe à la vie de la maison. « Je passe un coup de balai, j’aide à débarrasser la table… » Un cadre qui lui apporte un sentiment nouveau. « Je me sens plus libre ici. »
 

ImmersionÀ quoi sert la protection judiciaire de la jeunesse ?

Pourquoi placer un jeune en famille d’accueil ?

Dans les Hauts-de-France, près de 14 000 jeunes sont pris en charge par la Protection judiciaire de la jeunesse. Tous ne peuvent pas rester dans leur milieu familial. Pour Maxime Szymczak, l’éducateur référent, la famille d’accueil joue un rôle central :

Il s’agit d’installer un cadre familial. Apprendre comment on vit en famille, les règles du quotidien, le respect, la bienveillance, le partage. Ne pas être chacun dans son coin. 

L’objectif n’est pas de remplacer la famille d’origine, mais de répondre à un besoin précis du jeune, dans une période clé de son parcours.

Le grand invitéLa PJJ cherche des familles d'accueil pour adolescents. Marine Mignot

Des familles accompagnées, jamais seules

Les familles d’accueil ne sont pas livrées à elles-mêmes. Elles peuvent s’appuyer sur une permanence éducative, composée d’éducateurs et de psychologues, disponible 24 heures sur 24, toute l’année. L’éducateur assure un suivi régulier, à la fois auprès des jeunes et des familles. « On accompagne les situations, on est là quand ça va bien, mais aussi quand ça devient plus compliqué », explique-t-il.

Indemnisée à hauteur d’environ 45 euros par jour, l’accueil d’un jeune ne permet pas d’en vivre. Ce qui motive ces familles, ce sont les petites victoires du quotidien : un jeune qui reprend confiance, qui trouve une formation, qui apprend à vivre avec les autres. Malgré les difficultés et parfois les peurs initiales liées à l’accueil de mineurs en prise avec la justice, Cathy et Jean-Claude n’ont jamais regretté leur choix. Certains jeunes passés par chez eux donnent encore des nouvelles.
 

Immersion - RCF Hauts de France
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Immersion
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