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Cher : Un premier médecin salarié par la Région
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Cher : Un premier médecin salarié par la Région

Un article rédigé par Guillaume Martin-Deguéret - RCF en Berry, le 18 novembre 2022  -  Modifié le 18 novembre 2022

Embaucher 300 médecins d'ici 2028 : c'est l'objectif fixé par la Région Centre-Val de Loire pour faire face à la désertification médicale. Dans le Cher, un premier médecin salarié vient de s'installer dans le centre de santé régional à Henrichemont. Le site a été inauguré le 8 novembre.

 

Michèle Gatard va exercer dans le centre régional de santé à Henrichemont © RCF - Guillaume Martin-Deguéret. Michèle Gatard va exercer dans le centre régional de santé à Henrichemont © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.

Les médecins sont devenus une denrée difficile à trouver en France. La région Centre-Val de Loire est particulièrement touchée par cette pénurie. Pour faire face à la désertification médicale, le Conseil régional a décidé d'embaucher des médecins, payés par la collectivité. Un premier généraliste est arrivé dans le Cher.

Le salariat, une solution ?


Le docteur Michèle Gatard s'est installée à Henrichemont, une commune de moins de 2000 habitants située à une trentaine de kilomètres de Bourges, qui ne comptait plus qu'un seul généraliste : « Je crois au médecin salarié » explique le maire Gille Bureau, qui y voit une bonne manière d'attirer des médecins sur les territoires qui en ont cruellement besoin. « Ça apporte une offre complémentaire. Ce n'est pas pour transformer tous les libéraux en salariés. Un médecin salarié, il n'a pas d'administratif, il a une secrétaire, des horaires qui sont fixes, des congés... Donc, forcément, c'est attractif ! »

 

François Bonneau inaugure le centre régional de santé le 8 novembre dernier © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.

Un autre mode de vie pour les médecins


Le salaire de Michèle Gatard et de sa secrétaire médicale sont donc pris en charge par la Région. Pour l'instant, elle ne va exercer que deux jours par semaine à Henrichemont, le reste du temps elle sera en région parisienne où elle est... Également salariée ! Pour elle, ce mode de fonctionnement a effectivement des avantages : « C'est confortable au niveau des horaires. C'est sûr que l'on n'a pas les revenus qu'aurait un médecin libéral, mais ça dépend de ce qu'on cherche. C'est un choix financier différent, et c'est un confort que je trouve aujourd'hui inégalable. »

 

Le cabinet de Michèle Gatard © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.


Un confort qui pourrait notamment séduire les jeunes. La Région s'est fixée comme objectif de recruter 300 médecins d'ici 2028. Pour l'instant, ils ne sont qu'une trentaine : « C'est atteignable » explique, confiant, le président François Bonneau. « C'est atteignable parce que nous travaillons avec les jeunes. Je vais à tous les congrès d'internes pour leur présenter notre offre. Elle est très originale en France, il n'y a pas d'autres régions pour le moment qui soient engagées à ce niveau-là. Quelques-unes y travaillent comme l'Occitanie et l'Auvergne-Rhône-Alpes, mais nous sommes partis les premiers dans cette direction. »

 

Un deuxième cabinet pour accueillir un futur médecin © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.


Néanmoins, la santé reste bien une compétence de l'État. La Région, est-elle bien dans son rôle à payer de sa poche des médecins ? « Aucun développement économique, aucun aménagement équilibré du territoire n'est possible sans médecin ! » Répond François Bonneau.


Un deuxième cabinet est déjà prêt pour accueillir un futur médecin au centre régional de santé d'Henrichemont. Dans l'Indre, 4 médecins sont déjà salariés par la Région.

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