"C'est une grande joie de les emmener" : 10 résidents du Foyer d'accueil médicalisé d'Aytré seront aux Francofolies
Pour l'édition 2026 des Francofolies, le festival prévoit d'accueillir 1000 personnes en situation de handicap. 10 résidents du Foyer d'Accueil Médicalisé Pierre Garnier d'Aytré s'y rendront pour assister à des concerts.
Alexandre (gauche), Amélia et Florent se rendront tous les trois aux Francofolies, grâce à un travail complet en amont de leurs encadrants, Sonia Marot et Benjamin Domec. ©RCF17"Je suis un grand fan de Louane, c'est la première fois que je vais la voir sur la grande scène". Lundi 13 juillet, Florent Pinçonneau fera partie des heureux élus à assister aux concerts de la scène principale des Francofolies 2026. Au programme, Aya Nakamura, Héléna, Marguerite, et donc Louane. Sa participation n'était toutefois pas acquise d'avance : atteint d'Infirmité Motrice Cérébrale (IMC), il réside depuis douze ans au Foyer d'accueil médicalisé Pierre Garnier d'Aytré, géré par APF France Handicap.
10 résidents sur deux scènes
Comme lui, neuf autres résidents du foyer, qui accueille 24 adultes en situation de handicap moteur, pourront participer aux Francofolies 2026. Outre Florent, ils seront ainsi cinq à assister au show du lundi soir, tandis que quatre se rendront au concert de Julien Clerc au Grand Théâtre de la Coursive le mardi 14 juillet. Grand amateur de variété française, Alexandre Adam sera de la partie, dans une salle qu'il commence à bien connaître.
"J'ai fait les deux, la Coursive et la grande scène", explique ce quadragénaire, né à six mois et demi et atteint lui aussi d'infirmité motrice cérébrale. Et c'est bien la Coursive qui a sa préférence, de par son côté "intimiste". Si la salle reste accessible, quelques contraintes techniques sont tout de même à prévoir, notamment du fait de la taille de l'ascenseur : "vous ne pouvez y aller que par un par un".
Des contraintes techniques à prendre en compte
Ces contraintes, ce sont aux équipes d'encadrement de les anticiper largement en amont. Après l'annonce de la programmation du festival, les résidents peuvent ainsi se positionner sur des concerts des Francofolies, avant que les billets ne soient achetés par la structure, puis remboursés par les familles. Cette année, les billets dédiés à la première soirée sont partis trop vite pour que les résidents intéressés ne puissent s'y rendre, relate Sonia Marot, éducatrice au foyer. Tant pis, le choix se porte donc sur la soirée du lundi à la grande scène et un après-midi à la Coursive.

Démarre alors la phase d'organisation pure. "On s'y prépare dès l'ouverture de la vente de billets", explique Sonia Marot, qui accompagnera la sortie du lundi 13 juillet aux côtés d'une collègue soignante. Crème solaire, pique-nique, bouteilles d'eau, tout est prévu pour éviter le moindre inconfort des résidents sur place. La logistique doit également être bien rodée : les résidents arrivent ainsi deux heures avant pour s'installer sur la plateforme réservée aux PMR sur le parking Saint-Jean-d'Acre, qui accueille la scène principale.
Bien communiquer avec les Francofolies
Pour s'assurer que tout fonctionne, le foyer communique de manière "transparente" avec les Francofolies, détaille Benjamin Domec, cadre socio-éducatif à Aytré. "Ils sont très à l'écoute et nous proposent des solutions", salue-t-il, "ça s'est grandement amélioré" depuis son arrivée douze ans plus tôt. L'organisation permet ainsi aux équipes du foyer de se garer à proximité du site, sur la place de la préfecture, pour "accéder plus facilement au site".
Si l'arrivée est bien rodée, c'est le départ qui risque d'être plus délicat. A deux heures du matin, "c'est un peu mal éclairé", regrette Benjamin Domec, qui souligne que "tous les festivaliers veulent repartir en même temps". Les résidents risquent donc de "faire face à l'incivilité des gens", déplore le cadre socio-éducatif, "qui ne respectent pas forcément le fait qu'on circule en fauteuil".
"Un moment suspendu"
Malgré ces contraintes, Sonia Marot se fait "une grande joie de les emmener" : "je suis toujours très enjoué de leur partager tout ça, et on rigole bien !". Elle souligne aussi l'importance de montrer aux résidents que ces événements ne sont pas réservés "aux gens qui marchent".
Certes, certains résidents sont suffisamment autonomes pour aller voir individuellement des concerts, mais ce n'est pas le cas de tous. Atteinte d'IMC et faisant partie du groupe du 13 juillet, Amélie Cornuault doit ainsi être accompagnée pour sortir du foyer : "j'ai des contraintes pour me repérer dans la ville [...] je ne le fais pas souvent".
Une joie partagée par Benjamin Domec, qui évoque "un moment suspendu". Si les encadrants sont "en situation de travail", ils profitent tout de même des concerts ; "un chouette bureau", sourit le cadre du foyer. Cette sortie permet en outre pour lui de continuer à mettre en avant l'inclusion des personnes en situation de handicap : "c'est très important en 2026".


Les Francofolies reviennent du 10 au 14 juillet. Notre journaliste Tanguy Sanlaville vous fait vivre l’événement de l’intérieur à travers des reportages, des rencontres avec les artistes et une immersion dans les coulisses de cette nouvelle édition.
