Cédric Serre : « Les entreprises apprennent à gérer l’incertitude permanente »
À l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France Auvergne-Rhône-Alpes, organisée ce jeudi au Hall 32 à Clermont-Ferrand, le président du Medef du Puy-de-Dôme, Cédric Serre, était l’invité de RCF en Auvergne. Un an après son élection, il dresse le constat d’une économie sous tension mais qui continue de résister.
Interview de Cédric Serre, président du Medef du Puy-de-Dôme, dans les locaux de RCF à Clermont-Ferrand © RCFPlus de 1 200 entrepreneurs, dirigeants et acteurs économiques sont attendus ce jeudi 4 juin après-midi au Hall 32 à Clermont-Ferrand pour la deuxième édition régionale de la Rencontre des entreprises de France. Un rendez-vous qui intervient dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les mutations technologiques et le manque de visibilité économique.
Pour Cédric Serre, président du Medef du Puy-de-Dôme depuis juin 2025, les entreprises doivent désormais composer avec une instabilité devenue structurelle. « On apprend à gérer l’incertitude permanente », résume-t-il. Une situation qui complique les décisions d’investissement, de recrutement ou encore d’innovation.
« Les repères changent très vite »
Si les défaillances d’entreprises progressent, Auvergne-Rhône-Alpes résiste mieux que d’autres territoires. Pour autant, l’inquiétude demeure. « Ce n’est pas du pessimisme, mais les repères changent très vite », observe Cédric Serre, évoquant à la fois les évolutions réglementaires, l’intelligence artificielle et les tensions internationales.
Sur le sujet de l’IA, le président du Medef adopte une approche pragmatique. « C’est un outil. Ceux qui sauront s’en servir seront plus forts », estime-t-il. Selon lui, la priorité est désormais d’accompagner les entreprises dans l’appropriation de ces nouveaux usages afin d’améliorer leur compétitivité.
Autre sujet de préoccupation : l’emploi. Le responsable patronal plaide pour une meilleure intégration des jeunes éloignés du marché du travail et pour le maintien des seniors dans l’activité. « Il faut qu’il y ait plus de personnes qui travaillent, pas forcément que ceux qui travaillent travaillent plus », insiste-t-il.
Interrogé sur le récent plan de départs volontaires annoncé par Michelin, qui pourrait concerner 1 500 postes sur trois ans, Cédric Serre reconnaît qu’il ne s’agit « pas d’une bonne nouvelle ». Il souligne toutefois la tradition d’accompagnement social du groupe clermontois et appelle à observer les effets réels de cette réorganisation sur le tissu économique local.
Enfin, le président du Medef du Puy-de-Dôme a une nouvelle fois plaidé pour une baisse de la pression fiscale pesant sur les entreprises françaises. « Quand on est l’un des pays les plus taxés d’Europe, il y a un moment où nos produits ne sont plus compétitifs », estime-t-il.
Au Hall 32, les échanges porteront notamment sur les tensions géopolitiques, l’innovation, l’industrie et les grands défis économiques de demain. Avec un objectif assumé : offrir aux entrepreneurs « quelques clés de lecture supplémentaires » pour préparer l’avenir.


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