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“Ce n'était pas mieux avant” : Guy Baret prend la défense des baby-boomers

“Ce n'était pas mieux avant” : Guy Baret prend la défense des baby-boomers

Un article rédigé par Mathias Servouze - RCF, le 29 juillet 2026 - Modifié le 29 juillet 2026
L'Invité de la MatinaleLes boomers ont-ils vraiment mieux vécu que les jeunes d’aujourd’hui ?

Accusés d'avoir largement profité des Trente Glorieuses et laissé aux plus jeunes les conséquences de leurs choix économiques et écologiques, les baby-boomers sont aujourd'hui au cœur de nombreuses critiques. Entre héritage social, dette écologique et question des retraites, leur place dans la société française continue de faire débat.

Guy Baret © RCF Notre DameGuy Baret © RCF Notre Dame

Vieillir serait-il devenu un motif d'accusation ? C'est en tout cas le constat que dresse Guy Baret dans Les boomers se rebiffent : La cerise sur le gâteux (Éd.Cerf). L'ancien éditorialiste dénonce ce qu'il considère comme une mise en cause systématique des Français nés entre 1946 et 1964, accusés d'avoir profité d'une période faste avant de transmettre leurs difficultés aux générations suivantes. "Nous voilà accusés d'avoir perturbé leur vie, de vivre à leurs dépens", affirme-t-il. Selon lui, cette vision oublie les réalités sociales de l'après-guerre et l'effort de reconstruction qui a marqué cette génération.

Des Trente Glorieuses bien moins idylliques qu'on ne le raconte

Pour Guy Baret, l'image d'une génération ayant vécu un âge d'or est largement exagérée. Il remet notamment en cause l'expression même de Trente Glorieuses, qui contribue selon lui à idéaliser cette période. “Les gens prennent ça pour argent comptant, donc période glorieuse, c'était extraordinaire”, explique-t-il. À ses yeux, cette formule désigne avant tout une période de croissance et d'expansion, mais elle ne doit pas faire oublier les difficultés sociales et les conditions de vie de l'époque. “Ce n'était pas mieux avant, c'était même pire”, affirme-t-il. L'essayiste rappelle que les semaines de travail dépassaient les 40 heures, que les congés étaient limités et que le confort des logements était bien éloigné des standards actuels.

Ce n'était pas mieux avant, c'était même pire. 

Il évoque notamment une époque où, jusqu'aux années 1970, de nombreux logements ne disposaient que d'un seul point d'eau dans la cuisine et où les toilettes pouvaient encore être communes sur le palier. “Aucun des millennials qui se plaint aujourd'hui n'accepterait ces conditions-là”, estime-t-il.

L'auteur insiste également sur la condition des femmes, rappelant qu'elles ont dû attendre 1965 pour pouvoir ouvrir un compte bancaire à leur nom sans l'autorisation de leur mari. Selon lui, les inégalités étaient encore profondément ancrées dans la société : “Les salaires étaient officiellement d'un tiers inférieur pour les femmes que pour les hommes”, explique-t-il. Pour Guy Baret, réduire cette période au seul plein emploi revient à oublier une réalité sociale beaucoup plus complexe.

Une génération marquée par la reconstruction

Si les baby-boomers ont connu une forte croissance économique, Guy Baret refuse d'y voir un simple privilège. “Si nous avons eu le plein emploi et la croissance, c'est parce que nous avons hérité d'une France en ruine après la guerre”, explique-t-il. Il rappelle qu'après 1945, le pays devait reconstruire ses villes, ses infrastructures et son agriculture“Il y a eu 250.000 exploitations agricoles qui avaient été détruites”, souligne-t-il, évoquant également les villes durement touchées comme Le Havre ou Brest. Pour lui, cette période de croissance s'explique avant tout par un immense effort collectif : “Nous avons dû reconstruire des logements, des ponts, des usines, tout ce qui avait été détruit”.

Si nous avons eu le plein emploi et la croissance, c'est parce que nous avons hérité d'une France en ruine après la guerre. 

Face aux critiques sur l'héritage écologique laissé aux générations suivantes, Guy Baret appelle également à replacer les décisions de l'époque dans leur contexte. “La priorité était de donner un toit à ceux qui n'en avaient pas”, rappelle-t-il, en évoquant notamment les bidonvilles encore présents dans les années 1950. Selon lui, il ne faut pas “projeter sur le passé ce que l'on sait aujourd'hui” : les choix d'aménagement réalisés après-guerre répondaient avant tout aux urgences sociales et économiques du moment.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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