Carburant : jusqu’où les prix vont-ils monter ?
Les prix de l’essence montent « comme une fusée » alors que ceux de l’économie française risquent de redescendre « comme une plume ». Fortement impactés par la guerre au Moyen‑Orient, les Français voient le diesel frôler les 2,50 euros le litre, alors même que le Premier ministre Sébastien Lecornu appelle à une baisse rapide des prix à la pompe après l’annonce d’un cessez‑le‑feu entre les États‑Unis et l’Iran. Pour décrypter cette tension, Étienne Pépin reçoit sur RCF Notre‑Dame Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, qui dénonce une « politique d’étourderie économique » et appelle à une baisse immédiate des taxes sur les carburants.
©Pierre chasseray La guerre au Moyen‑Orient fait de nouveau basculer la vie quotidienne des Français. Le cessez‑le‑feu annoncé entre les États‑Unis et l’Iran a fait fléchir le baril de pétrole, mais pour les automobilistes, la question n’est pas seulement économique.
« On ne s’adapte pas, on crève » face à la crise du carburant
Après plusieurs semaines de hausse, le diesel tourne autour de 2,37 euros le litre, avec des pointes proches de 2,50 euros dans certains points de vente. Pour les automobilistes, la question n’est pas seulement économique : elle touche au travail et à la capacité de se déplacer. Dans cette situation, les propos de Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes, font écho à une colère commune et à une demande de justice sociale.
Pierre Chasseray s’en prend d’abord à la politique de l’État : « Il n’y a pas eu d’aide ciblée, versée par l’État, il n’y a pas de plan d’accompagnement, il n’y a absolument rien. On a distribué quelques miettes. On a dit qu’on avait aidé les Français les plus touchés par la crise, c’est faux ». Il multiplie les exemples : infirmières libérales à bout de budget, diététiciennes contraintes d’abandonner certains déplacements, salariés qui calculent chaque plein avant de partir au travail. « On ne s’adapte pas, on crève », conclut-il.
Pour lui, la fiscalité est au cœur du problème : « Sur 2 euros, on a 1,20 euro de taxes. Qui doit faire l’effort ? Celui qui prend 1,20 euro à ne rien faire ». Il dénonce un État toxicomane de la taxe et plaide pour une baisse des taxes au niveau des exigences européennes, ce qui selon lui, pourrait représenter une baisse d’environ 60 centimes à la pompe.
Le carburant : un nouveau révélateur des inégalités sociales
Pierre Chasseray insiste aussi sur l’impact de la crise sur la mobilité : « Lorsque vous avez une baisse de la consommation de carburant parce que les tarifs sont trop élevés, c’est une baisse de la mobilité. C’est moins de temps social, moins de temps en famille, donc le moral en prend un coup, donc la consommation en prend un coup ». Il donne l’exemple de Léa, une jeune femme au chômage, à laquelle on propose un entretien à 45 kilomètres de chez elle : « C’est 15 euros le trajet pour aller bosser… finalement, elle perd de l’argent ».
Cette dimension dépasse la simple question de fiscalité ou de croissance, elle touche à la dignité de la personne, au droit de se déplacer pour travailler ou se soigner, et à la manière dont la société accompagne ceux qui n’ont pas d’alternative à la voiture. Derrière cette hausse du prix à la pompe, se dessine un appel discret à plus de justice et de responsabilité collective. Quand le prix du carburant devient une barrière entre une personne et son travail, entre un malade et ses soins, il interroge profondément la manière dont une société met en œuvre la charité et la fraternité, au cœur même de la vie quotidienne.


Chaque matin, Louis Daufresne reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.




