Cantines zéro plastique : l’inox s’invite à la table des écoliers bordelais
À Bordeaux, les barquettes en plastique vivent leurs derniers jours dans les cantines scolaires. Jeudi 5 février, le maire Pierre Hurmic s’est rendu à l’école élémentaire Albert Barraud, établissement pilote, pour partager un repas avec les élèves. Objectif : marquer le déploiement des bacs en inox dans les 119 écoles de la ville. Une mesure pensée pour la protection de l’environnement, mais surtout pour la santé des enfants.
Le maire Pierre Hurmic a partagé un repas avec les enfants et s'est réjoui de l'apparition des bacs en inox pour lutter contre les perturbateurs endocriniens.C’est la fin d’une ère : celle du plastique. À l’école élémentaire Albert Barraud, les barquettes en plastique ont disparu. Désormais, les repas sont servis dans des bacs en inox. L’établissement a été choisi sur la base du volontariat pour tester ce dispositif, mis en place progressivement depuis plus de deux ans par la Ville de Bordeaux. Jeudi 5 février, le maire Pierre Hurmic est venu constater le résultat sur le terrain, en déjeunant aux côtés des élèves. Une visite symbolique pour un projet désormais généralisé à l’ensemble des 119 écoles primaires bordelaises.
De l'inox pour lutter contre les perturbateurs endocriniens
Au-delà de l’argument environnemental, la municipalité insiste sur un enjeu majeur : la santé des enfants. Les barquettes en plastique, notamment lorsqu’elles sont chauffées, peuvent libérer des substances chimiques telles que les perturbateurs endocriniens. Ces composés sont aujourd’hui soupçonnés d’interférer avec le système hormonal, en particulier chez les plus jeunes, dont l’organisme est en plein développement.
« Ces substances peuvent jouer un rôle dans l’apparition de certaines maladies métaboliques ou troubles du développement », explique Jennifer Duval, diététicienne à la Ville de Bordeaux. En remplaçant le plastique par de l’inox, matériau inerte, résistant et recyclable, la Ville entend réduire l’exposition quotidienne des enfants à ces composés chimiques. Une décision qui s’inscrit dans une logique de prévention sanitaire, alors que les cantines représentent parfois le principal repas équilibré de la journée pour de nombreux élèves.
Remplacer le plastique par l'inox : 2,4 millions d’euros investis
Généraliser l’inox dans l’ensemble des cantines bordelaises a toutefois un coût. La Ville a investi près de 2,4 millions d’euros pour équiper les 119 écoles primaires, acheter les nouveaux contenants et adapter les infrastructures existantes. Un chantier d’ampleur, qui a nécessité des réaménagements techniques importants, notamment au sein de la Cuisine Bordeaux Mérignac, où sont préparés chaque jour plus de 23 500 repas destinés aux élèves. « J'ai compris que c'était quelque chose de grave et qui fallait prendre un certain nombre de mesure pour lutter contre ce type de perturbation sanitaire », souligne le maire de Bordeaux Pierre Hurmic.
Ce virage logistique s’inscrit dans une politique alimentaire plus globale menée par la municipalité : des repas composés à plus de 70 % de produits bio, en majorité locaux, et la mise en place de deux menus végétariens par semaine depuis la rentrée 2025. Avec les cantines « zéro plastique », Bordeaux affirme sa volonté de proposer une restauration scolaire plus saine, plus durable et alignée avec les enjeux actuels de santé publique et de transition écologique.




