Canicule, ventilo et fermeture d'écoles : à quand la fin du bricolage dans les communes ?
A l'occasion de sa réélection à la présidence de l’Association des maires de Maine-et-Loire (AMF 49), Philippe Chalopin, maire de Baugé-en-Anjou, était l'invité de RCF Anjou mercredi 24 juin. L'occasion de parler de la canicule, de l'adaptation des écoles, l'utilisation des églises comme lieux de fraîcheur ou encore de ses priorités pour son nouveau mandat.
Philippe Chalopin, maire de Baugé-en-Anjou et président de l'Association des maires de Maine-et-Loire ©RCF Anjou 2022
RCF Anjou : Philippe Chalopin, que ce soit lors des vagues de froid ou des coups de chaud, on a l'impression que les collectivités subissent la situation et réagissent dans l'urgence. Est-ce que bientôt, on arrêtera ce bricolage permanent ?
Philippe Chalopin : C'est très compliqué. Nous faisons face à des épisodes de chaleur qui deviennent plus fréquents et qui nécessitent de véritables plans d’action. Cela suppose des investissements importants alors même que les finances publiques sont de plus en plus contraintes. Le principal problème concerne le patrimoine communal ancien. Beaucoup de bâtiments municipaux ont été construits à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle. Certains sont d’anciennes habitations transformées en écoles, en cantines ou en espaces périscolaires. Ils n’ont pas été conçus pour résister aux fortes chaleurs.
RCF Anjou : Donc ce « bricolage » n'est pas prêt de se terminer....
PC : Sauf à lancer un vaste plan d’investissement national, il faudra continuer à trouver des solutions pragmatiques. Je crois beaucoup à l’intelligence collective et aux gestes simples. Il faut ouvrir les fenêtres tôt le matin, les fermer dès que le soleil chauffe, planter des arbres, limiter les surfaces goudronnées et végétaliser les espaces publics. À Baugé-en-Anjou, nous avons mené cette démarche. Nous avons supprimé une partie de l’enrobé, planté des arbres et créé des espaces de fraîcheur. Résultat : les températures ont baissé de 3 à 5 degrés dans la cour par rapport à l’année précédente. J’ai récemment visité une école : les enfants étaient regroupés sous les arbres, au calme. L’ambiance était beaucoup plus apaisée.
Les églises appartiennent aux communes. Ce n’est pas un problème de laïcité
Certaines communes, notamment à Mauges-sur-Loire, ont décidé d'utiliser leur église pour accueillir des enfants pendant la canicule. Des parents ont crié au scandale en évoquant une décision contraire à la laïcité. Quel est votre avis là-dessus ?
PC : Il est très clair puisqu'à Baugé-en-Anjou, nous avons également ouvert les églises à la demande des enseignants. Nous y avons aménagé de petits espaces où les enfants peuvent lire, se reposer ou simplement profiter de températures plus supportables. Il faut rappeler que les communes sont propriétaires des églises. Ce sont des bâtiments municipaux. En période de crise, il est logique de mobiliser tous les lieux susceptibles d’offrir de la fraîcheur, au même titre qu’une salle municipale ou une salle du conseil. L’objectif est simple : protéger les enfants et les personnes fragiles.
Il faut arrêter de polémiquer. Le but, c’est de protéger les enfants et les personnes fragiles
Faut-il l’accord du diocèse pour ce type d’utilisation ?
PC : Le diocèse est tout à fait collaboratif sur ces sujets. Dans le contexte d’urgence lié à la canicule, les échanges se sont faits rapidement et sans difficulté particulière.
Vous venez d’être réélu président de l’AMF 49. Pourquoi étiez-vous le seul candidat ?
PC : Personne n’a été empêché de se présenter. À l’AMF 49, nous travaillons dans un esprit de rassemblement. Notre conseil d’administration est apolitique. Les élus ne sont pas choisis en fonction d’une étiquette mais parce qu’ils sont maires ou présidents d’intercommunalité et qu’ils souhaitent agir ensemble.
On ne parle pas politique à l’AMF
Cette méthode évite les divisions et les logiques partisanes. Notre priorité est d’aider les communes à répondre aux attentes des habitants et à relever les nombreux défis qui les attendent. Je pense également que le travail accompli ces dernières années a été reconnu par mes collègues.
Quelles sont aujourd’hui les principales préoccupations des maires ?
Le premier défi est celui du changement climatique. Mais les élus locaux sont également très mobilisés sur les questions de santé, avec l’apparition de déserts médicaux dans plusieurs territoires, ainsi que sur l’éducation et les conséquences des évolutions de la carte scolaire. La transition énergétique, la transition écologique et l’aménagement du territoire figurent également parmi les grands chantiers des prochaines années.


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