Canicule : pour Hortense Bret, directrice générale d'Eau 17, les ressources en eau pourraient manquer cet été sans évolution des habitudes de chacun
Si les températures sont redescendues, la pluie n'a toujours pas fait son apparition. De quoi potentiellement créer des difficultés durant l'été selon Hortense Bret, directrice générale des services d'Eau 17.
Le fleuve Charente représente 30% de l'eau potable produite par Eau 17. © Pixabay - imagigineAvec près de 44 degrés à Saintes, 43 à Matha ou 42 degrés à Royan, la Charente-Maritime n'a pas été épargnée par la récente canicule. Des températures historiques et étouffantes qui sont heureusement (pour l'instant) derrière nous, mais qui pourraient laisser des traces, notamment pour ce qui est des ressources en eau.
Des indicateurs rassurants, mais pas de pluie
C'est en effet le constat dressé par Hortense Bret, directrice générale depuis décembre dernier des services d'Eau 17, le syndicat de l'eau de Charente-Maritime. Elle se veut tout de même rassurante : après cette vague de chaleur, les plus de 110 points de suivi piézométrique d'Eau 17 n'affichent pas de pénurie. "On n'est pas dans l'orange ou dans le rouge au niveau des ressources", indique ainsi l'ingénieure.
Un problème demeure toutefois : l'absence de pluie dans les jours à venir. "Forcément, on est inquiets quant aux niveaux de consommation", explique Hortense Bret, alors même que le mois de juin se conclut à peine. 2e département le plus touristique de France, la Charente-Maritime accueille chaque été des millions de visiteurs ; 20 millions de nuitées ont ainsi été comptabilisées sur la Charente-Maritime et la Charente durant la saison estivale 2025. "Si on rajoute la consommation des vacanciers, cela ne passe pas beaucoup", alerte la directrice d'Eau 17.
Changer ses habitudes
Comment faire face à cette hausse de la consommation d'eau ? Pour Hortense Bret, cela passe par une modification des pratiques de chacun. "Si on ne prend pas les bonnes habitudes maintenant", insiste-t-elle, "quand [la ressource en eau] sera en diminution, ce sera trop tard". Et l'ingénieure l'assure, il est tout à fait possible d'éviter une telle crise : "s'il ne pleut pas, la ressource en eau ne va pas s'améliorer, mais en tout cas, on pourra tous [avoir] de l'eau au robinet si on a tous fait attention".
Trois usages de l'eau sont ainsi présentés par Hortense Bret comme gourmands : la végétation, "qui va puiser dans les mêmes ressources que les nôtres", l'irrigation et l'eau potable, avec des "besoins sanitaires nécessaires". Elle appelle donc les habitants du département à "prendre des douches rapides" et à "arrêter d'arroser" - "votre pelouse va jaunir de toute manière !". Des comportements vertueux mis en avant depuis 2023 dans une campagne intitulée "L'eau, on l'aime, on la préserve", qui s'adresse aux acteurs du tourisme et aux collectivités.
La Charente-Maritime possède toutefois un avantage sur d'autres départements, plus dépendants des fleuves ou des lacs : 70% de l'eau potable produite par Eau 17 est issue d'eaux souterraines, contenues dans des nappes. Une chance, puisque cela évite l'évapotranspiration et donc la perte de ressources... mais qui ne concerne pas tout le département, puisque le Nord de l'Aunis appartient au bassin armoricain et est donc bien moins riche en eaux souterraines que le reste du territoire.


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