Canicule : les églises deviennent-elles les nouveaux lieux de fraîcheur ?
Près de 50°C de ressentis sur le parvis de la basilique de Vézelay, plus de 35°C dans plusieurs régions françaises. Face à la canicule, certains trouvent refuge dans les églises. Grâce à leurs murs épais et à leur architecture ancienne, elles attirent aujourd’hui bien plus que les fidèles.
Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay ©PixabaySamedi dernier, la chaleur était telle sur le parvis de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay que la célébration prévue à l’extérieur a finalement été déplacée à l’intérieur. Près de 600 personnes ont pris place dans l’édifice du XIIe siècle pour fêter l’obtention du label Grand Site de France, attribué à Vézelay en janvier dernier.
L’écart de température a frappé le père Olivier Artus, recteur de la basilique. « La différence de température était énorme », raconte-t-il. Pour conserver la fraîcheur, les portes restent fermées pendant les heures les plus chaudes. Une stratégie efficace dans cette église qui accueille plus de 300 000 visiteurs chaque été.
Plusieurs degrés de moins, sans clim
À Vézelay, la basilique est considérée comme l’endroit le plus frais du village. Ouverte de 7h à 21h pendant l’été, elle accueille les touristes et pèlerins, qui profitent de quelques degrés de moins.
Le phénomène ne s’applique pas seulement à la Bourgogne. À Angers, la cathédrale Saint-Maurice reste ouverte de 8h à 20h. Son recteur, le père Aymeric de Boüard, constate lui aussi un passage important de visiteurs. Le nouveau parvis attire déjà les promeneurs. À l’intérieur, beaucoup viennent profiter de la fraîcheur du lieu.
À Paris, plusieurs églises figurent désormais parmi les îlots de fraîcheur mis en avant par la municipalité. Delphine, de passage dans la capitale, a trouvé refuge à Notre-Dame-des-Champs. « C’est l’endroit idéal pour être à l'abri de la canicule à Paris », estime-t-elle. « Je suis dans l'église de Notre-Dame-des-Champs pour me rafraîchir mais en même temps pour penser un petit peu, pour réfléchir », ajoute-t-elle.
Une spécificité qui attire
Tous les visiteurs ne viennent pourtant pas uniquement pour la température. À la chapelle de la Médaille miraculeuse, Christine évoque « le contraste saisissant entre la fraîcheur de ces vieilles églises et la chaleur d’une assemblée d'une messe en semaine ». Thierry, venu initialement à l'église pour prendre un temps d'écoute, observe quand même qu' « il y a des églises qui ont su garder un peu de fraîcheur. Et là, il y a sans doute plus de monde qui rentre ». Cette fraîcheur n’a rien d’un hasard. Avec leurs murs épais, leur pierre et leurs voûtes élevées, les bâtisseurs médiévaux avaient déjà trouvé des solutions pour limiter les effets de la chaleur, bien avant l’invention de la climatisation.
Tandis que les épisodes caniculaires se multiplient avec 58 départements français en vigilance rouge ce jeudi, ces édifices révèlent ainsi une fonction supplémentaire. Les églises restent bien entendu des lieux de prière mais elles deviennent aussi pendant l’été, des îlots de fraîcheur ouverts à tous.




