Canicule à l’hôpital de Quimper: “On a fait du bricolage” déplore la CGT
Des couvertures de survie accrochées aux fenêtres, des soignants en surchauffe, de l’eau fraîche en quantité insuffisante… La CGT du CHIC (Centre Hospitalier de Cornouaille Quimper Concarneau) tire la sonnette d’alarme sur la situation de l’établissement lors du dernier épisode de canicule fin juin, et aux prémices d'une nouvelle remontée des températures.
Loïc le Houarner, secrétaire général de la CGT du CHIC et Karine Goanec, secrétaire adjointe du syndicat. (Crédit photo: Océane Théard)Des couvertures de survie aux fenêtres pour tenter d’isoler un peu les chambres de la fournaise. L’épisode de canicule de la fin juin rappelle amèrement la période Covid, “quand on devait se servir de sacs-poubelle sur le corps” en guise de blouse. “On a fait du bricolage pour parer à l’urgence” résume Loïc Le Houarner, secrétaire général du syndicat CGT du CHIC (Centre Hospitalier de Cornouaille Quimper Concarneau). Le dernier épisode de canicule est loin d’avoir épargné le Finistère.
A Quimper, les températures ont frôlé les 39 degrés. Conséquence: un hôpital en surchauffe, notamment dans les étages supérieurs, au quatrième, cinquième et surtout le sixième étage qui abrite une centaine de lits environ, et le service de chirurgie. La température y est montée à 36 degrés dans certaines chambres. Sans avoir toujours la possibilité de se rafraîchir.
“On a supprimé les fontaines pour, soi-disant, des raisons d'hygiène et surtout de coûts d'entretien. Aujourd'hui, on en mesure les impacts. Dans les services, il n'y avait pas d'accès à de l'eau fraîche directement. Les agents ont dû mettre des pichets d'eau dans les frigos, mais sauf que l'emplacement pour des services de vingt quatre, vingt six lits, on peut pas le remplir d’eau fraîche”, déplore le responsable syndical.
Des ombrières, des machines à glaçons et la possibilité d’ouvrir les fenêtres
Le syndicat formule donc un certain nombre de demandes auprès de la direction. À commencer par la possibilité d’ouvrir les fenêtres, en installant des barreaux, car à l’heure actuelle “les fenêtres ne s’entrouvrent que de 20 centimètres.” Sur cette question, la direction nous a informé par écrit que “des prototypes seront installés sur les offices des services pour permettre l’ouverture et la ventilation des fenêtres des offices ainsi que la ventilation des couloirs des étages par les issues de secours”.
Autres demandes de la CGT : des fontaines à eau réfrigérée, des tenues de travail plus légères, et l’installation ombrière sur la partie sud du bâtiment. “On ne demande pas ça la semaine prochaine, mais depuis la canicule de 2003, ça aurait pu être anticipé”, souligne Loïc Le Houarner.
La direction de l’hôpital affirme que depuis le premier épisode de chaleur, le restaurant du personnel est ouvert pour avoir accès à une fontaine réfrigérée, en revanche l’installation de nouveaux appareils n’est pas prévue, la “maintenance et le maintien en conditions d’hygiène” étant soumis à des “contraintes particulières”. Les responsables ont annoncé l’installation de 200 ventilateurs, et la commande de 300 autres, bloquée pour le moment, car les fournisseurs sont en rupture de stock.
100 climatiseurs commandés
En outre, l’établissement annonce que 100 climatiseurs “commandés le 30 juin, seront réceptionnés en début de semaine prochaine. Ils seront déployés dans les services d’hospitalisation et dans les EHPAD.” D’autres commandes de 300 ventilateurs, 11 congélateurs et 400 couvertures de survie sont en attente de livraison. Mais la CGT redoute les délais allongés par les ruptures de stock. “C'est comme tout le monde en fait, on passe après les fins de stock. Et aujourd'hui, y’a plus rien.” Le syndicat déplore également les ruptures sur les serviettes rafraîchissantes, utilisées notamment dans les Ehpad pour rafraîchir les résidents.
La CGT espère que l’adaptation aux températures extrêmes sera prise en compte dans le vaste plan immobilier qui concerne le CHIC. Ce Schéma Directeur Immobilier, évalué à près de 56 millions d’euros, prévoit notamment d’augmenter la surface des urgences ou encore de créer un nouveau bâtiment dédié à la cancérologie et l’oncologie. “On espère que le budget ne sera pas raboté sur une climatisation généralisée ou une isolation pertinente, sous prétexte d’économies”, explique Loïc Le Houarner.
Une canicule qui révèle aussi un service des urgences sous tension, avance Karine Gouanec secrétaire adjointe de la CGT. “Si on garantit une offre de soins de qualité dans les services de soins qui accueille principalement des personnes âgées, ça veut dire un retour à domicile plus rapide et donc désengorger les urgences. (...) Avoir des patients âgés, polypathologiques dans les couloirs, où les collègues aux urgences n’ont pas la possibilité de mettre un ventilateur à côté de chaque personne, tout ça ça nous inquiète”, regrette la déléguée syndicale, qui questionne l’absence de redéploiement des effectifs sur les secteurs à haut risque, comme cela avait été le cas en période covid.



