Cancer, un chemin de croix vers la lumière
À 37 ans, Annabelle Piquet s'apprête à recevoir le baptême lors de la nuit de Pâques 2026. Un événement qui vient clore un chapitre bouleversant de sa vie, où la maladie et la foi se sont rencontrées de manière foudroyante.
Dans son livre « Si la neige tient, je vais vivre » aux éditions Cité des Livres, elle offre un témoignage d'une sincérité brute sur ce qu'elle appelle son chemin de croix.
®photo Christophe LAPOSTOLLE - Annabelle PIQUETLa double crise de foi
Tout commence par une coïncidence physique et spirituelle. Annabelle est frappée par une véritable crise de foie l’obligeant à jeûner. Elle survient précisément le premier jour du Carême. Pour elle, ce n'est pas un simple hasard, mais un signe, une crise existentielle.
Lorsqu'elle consulte un prêtre pour trouver des réponses à ce qu'elle traverse, celui-ci a des mots qui résonnent encore en elle. « C’est quelque chose de lourd que vous portez et, comme tout ce qui est lourd, c’est plus facile de le porter à plusieurs ». C'est cet appel à la communauté et au partage qui lance son parcours catéchuménal.
C’est quelque chose de lourd que vous portez et, comme tout ce qui est lourd, c’est plus facile de le porter à plusieurs
Le cancer du sang
C’est alors qu’elle est en pleine préparation spirituelle, dans une phase mystique, que la tragédie frappe. On lui diagnostique un cancer du sang. Le « pourquoi moi qui ne fume pas, ne boit pas et n’ai que 36 ans? » est vite éclipsé par une question plus profonde, “pourquoi maintenant ?”. Pourquoi l'épreuve la plus terrible de sa vie surgit-elle au moment même où elle se sent le plus en harmonie avec sa foi ?
Cette quête de sens est au cœur de son livre, un message d’espoir et d'espérance. Elle y rejette fermement le vocabulaire de la guerre et du combat souvent imposé aux malades. Ce lexique l’a terrifié et culpabilisé « S’il faut être une guerrière pour survivre, alors je ne vais pas survivre ». Elle a choisi une autre voie. Celle de l'amour. Elle affirme avec force qu'il n'y a pas que les battantes qui s'en sortent, mais aussi celles qui se laissent porter par l'affection de leurs proches et des soignants.

Un chemin de croix dans la chair
Pour Annabelle, la maladie a transformé sa foi intellectuelle en une expérience charnelle. Sa tumeur de 14 cm, pesant sur son cœur et son épaule, est devenue une croix physique qu'elle traînait jour et nuit. La perte douloureuse de ses cheveux a été vécue comme sa couronne d'épines.
Je vais me souvenir de mon baptême
La résurrection de Pâques
Aujourd'hui en rémission, son baptême à Pâques prend une dimension de résurrection. Elle aborde cette étape comme un enfant, avec émerveillement. « Je vais me souvenir de mon baptême », dit-elle avec gratitude, comparant cette joie à celle d'avoir réappris à marcher, à manger et à respirer.
Annabelle Piquet ne témoigne pas seulement d'une guérison, mais d'une quête de sens où, si l'espoir a pu vaciller, l'espérance, elle, est restée ancrée au plus profond d'elle-même.




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