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Budget 2027 : Bruno Le Maire dénonce les hausses d'impôts

Budget 2027 : Bruno Le Maire dénonce les hausses d'impôts

Un article rédigé par RCF Notre Dame, Camille Meyer (avec l'AFP) - RCF, le 2 octobre 2026 - Modifié le 2 octobre 2026
L'invité politique de Nathanaël de RincquesenViolences dans les lycées : Bruno Le Maire réclame « des poursuites pénales contre tous les membres de La France insoumise qui auraient incité à la violence »

Budget 2027 : Bruno Le Maire refuse les hausses d'impôts. Il réclame également des poursuites contre les membres de LFI qui auraient incité à la violence lors des manifestations lycéennes.

Bruno Le Maire, interrogé sur le budget 2027 et les violences lors de la mobilisation lycéenne© RCF Notre DameBruno Le Maire, interrogé sur le budget 2027 et les violences lors de la mobilisation lycéenne© RCF Notre Dame

Réduire les dépenses publiques, sans augmenter les impôts. C'est la ligne défendue par Bruno Le Maire au lendemain de la présentation du projet de budget 2027. Invité de Nathanaël de Rincquesen ce vendredi 2 octobre, l'ancien ministre de l'Économie et des Finances estime que le texte comporte des efforts indispensables, mais conteste les hausses de taxes et d'impôts prévues.

Chacun doit réaliser que la France aujourd'hui est au bord du gouffre financier et que nous sommes placés devant une alternative qui n'est pas réjouissante : soit le lent étranglement, soit la mort subite. 

Le texte "n'est certainement pas parfait, mais il est indispensable", juge l'ancien ministre de l'Économie. Il appelle "chacun à la responsabilité" pour adopter le budget "le plus vite possible".

Ce que le budget 2027 demande aux retraités et aux ménages

Le gouvernement a présenté son projet de budget ce jeudi 1er octobre. Objectif : contenir le déficit public à 5 %. Économies et recettes nouvelles touchent les ménages, les entreprises et les collectivités. Les retraités supporteraient 5,5 milliards d'euros de l'effort. Au-delà de 1 260 euros, les pensions ne seraient revalorisées qu'en partie sur l'inflation. L'abattement fiscal de 10 % sur les retraites serait plafonné à 3 000 euros, contre 4 439 aujourd'hui.

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, justifie la mesure : il s'agit de "demander à 25 % de la population de participer à hauteur de 10 % à l'effort global".

Sur les arrêts-maladie, le gouvernement vise 2 milliards d'euros d'économies. La moitié reste à négocier avec les partenaires sociaux. Les indemnités journalières pourraient être soumises à l'impôt. Les aides personnelles au logement resteraient à leur niveau actuel et les prestations familiales seraient gelées. L'allocation de rentrée scolaire serait réformée. Trois prestations sont épargnées : le minimum vieillesse, l'allocation aux adultes handicapés et le RSA seraient revalorisés normalement.

Gel du point d'indice pour les fonctionnaires, nouvelles taxes pour les entreprises

Le point d'indice des fonctionnaires serait gelé une quatrième année de suite. L'État et ses opérateurs perdraient 1 076 emplois en équivalent temps plein. Ce chiffre ne tient compte ni de la réforme de la formation initiale des enseignants (+4742 postes), ni des créations de postes dans l'armée (+2131).

Pour les grandes entreprises, la surtaxe d'impôt sur les sociétés baisserait de 7,3 à 5 milliards d'euros. Les allègements de cotisations, eux, resteraient gelés, et leur calcul intégrerait la participation et l'intéressement. Ces deux mesures pèseraient plus de 6 milliards d'euros. 

Trois taxes complètent le volet recettes : une nouvelle sur les fournisseurs de kérosène, une hausse d'environ 800 millions d'euros de celle qui frappe les bénéfices des sociétés concessionnaires d'autoroute, et l'extension aux aliments sucrés de la taxe sur les boissons sucrées.

Les collectivités devraient trouver 5,4 milliards d'euros. Selon Bercy, leurs recettes progresseraient quand même de 5 milliards une fois cet effort déduit. Rien n'est définitif. David Amiel, ministre des Comptes publics, a assuré que le texte "sera réversible" si le gouvernement issu de l'élection présidentielle veut le modifier.

Bruno Le Maire défend un modèle fondé sur la production

Pour Bruno Le Maire, "des rustines ou des rafistolages ne suffiront pas". L'ancien ministre estime que la France paie quarante ans d'un modèle économique et social fondé sur la dépense publique.

La seule chose qui permettra à la France de reprendre son destin en main, c'est d'inventer un nouveau modèle et de sortir d'un modèle qui nous épuise financièrement et psychologiquement.

Sa proposition : faire passer la production industrielle et agricole avant la redistribution, et limiter celle-ci. Moins de charges pour un salaire net plus élevé, moins de règles et de normes pour les entrepreneurs.

Interrogé sur son bilan à Bercy, Bruno Le Maire met en avant les baisses d'impôts engagées à partir de 2017 : impôt sur les sociétés ramené de 33 à 25 %, suppression d'une grande partie de la taxe d'habitation, réduction des impôts de production. Il revendique 50 milliards d'euros de baisses d'impôts qui, selon lui, ont apporté de la croissance et 2,6 millions d'emplois créés. Il impute la situation actuelle à la dissolution de 2024, qui a selon lui  "conduit au chaos".

Blocages de lycées : le gouvernement retire les frais d'inscription en BTS et en prépa

Le budget arrive en pleine mobilisation lycéenne. Les élèves veulent plus de moyens pour l'Éducation nationale. Leurs griefs : enseignants non remplacés, bâtiments délabrés, emplois du temps surchargés, pression de Parcoursup. Le projet instaurait des frais d'inscription pour les étudiants non boursiers : 178 euros par an en BTS, 270 euros en classe préparatoire. Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, y a renoncé jeudi soir devant la contestation.

Jeudi 1er octobre, des chefs d'établissement ont été agressés. Des incendies et des dégradations ont touché plusieurs villes. Le bilan des autorités, cité par l'AFP : 900 actions devant des lycées, près de 2 000 interpellations, plus de 300 policiers et gendarmes blessés. Édouard Geffray fait état de blessés parmi les personnels de l'Éducation nationale et parmi les élèves. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert trois enquêtes à la suite de blessures de lycéens pendant des blocages.

Bruno Le Maire dit comprendre "l'inquiétude, la colère de ces lycéens" face aux professeurs de français ou de mathématiques non remplacés en première et en terminale. Des revendications qu'il juge "parfaitement légitimes". Mais il accuse La France insoumise (LFI) d'avoir récupéré le mouvement.

Il a été en tout cas largement récupéré, notamment par La France insoumise dont on connaît les méthodes, les pratiques. C'est le désordre partout, tout le temps, sur l'ensemble du territoire. Donc la priorité aujourd'hui, c'est le retour à l'ordre.

Bruno Le Maire réclame des poursuites pénales contre LFI avant toute interdiction

Bruno Retailleau a appelé à faire interdire La France insoumise. Pour Bruno Le Maire, la priorité est judiciaire. "Il faut des poursuites pénales contre tous les membres de La France insoumise qui auraient incité à la violence dans le pays." Il dénonce la récupération politique des mineurs : "La politique, c'est le débat, c'est pas la violence. La politique, c'est pas la récupération, et certainement pas la récupération des mineurs, des enfants, de ceux qui sont par définition les plus fragiles." 

Même accusation à Matignon, qui évoque une "manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche". Réponse de Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise : il appelle le gouvernement "à ne pas sombrer dans le complotisme". Édouard Geffray doit recevoir ce vendredi les syndicats de l'éducation, les associations de lycéens et de parents d'élèves, ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne. La prochaine journée de mobilisation est fixée au 6 octobre.

L'invité politique de Nathanaël de Rincquesen ©RCF NOTRE DAME
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'invité politique de Nathanaël de Rincquesen
L'invité politique de Nathanaël de Rincquesen ©RCF NOTRE DAME
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