Breil-sur-Roya : Le cri d'alarme de Sébastien Olharan face à l'impasse financière de la reconstruction
La commune de Breil-sur-Roya se trouve aujourd'hui dans une situation paradoxale. Alors qu'elle doit engager près de 90 millions d'euros pour réparer les dégâts de la tempête Alex et des mouvements de terrain, elle est freinée par un manque de liquidités.
La commune de Breil-sur-Roya - RCFC'est une situation ubuesque pour la commune de Breil-sur-Roya. Bien que les financements soient garantis pour les travaux à venir, les banques ne peuvent pas prêter de l'argent à la commune avec des facilités dans les taux. Le maire Sébastien Olharan explique que « la difficulté c'est de pouvoir avancer l'argent pour payer les entreprises avant de toucher les subventions ».
Une course contre la montre
L'enjeu est temporel autant que financier. La commune dispose d'un délai strict jusqu'en juillet 2027 pour achever les travaux sous peine de perdre des aides cruciales, comme une dotation de solidarité de 9 millions d'euros. Le maire prévient : « si on ne peut pas réaliser tous les travaux dans les délais, on va perdre des subventions et si on perd les subventions, c'est des travaux qu'évidemment on ne pourra pas faire alors même qu'ils sont indispensables ».
Le poids insupportable des intérêts
Pour combler ce manque de trésorerie, les banques privées proposent des prêts dont les intérêts pourraient s'élever à 200 000 euros. Une somme colossale pour le budget de fonctionnement de la ville, représentant environ 10 % de ses ressources annuelles. Sébastien Olharan souligne que ce montant est « l'équivalent de cinq ou six employés communaux », précisant que la commune n'est « absolument pas en capacité de supporter » une telle charge financière.
Un appel à l'État et à la solidarité
Face à ce qu'il considère comme une menace pour l'avenir de sa commune, l'édile interpelle le président de la République et les parlementaires. Il plaide pour la mise en place d'un dispositif public d'avances sur subventions ou de « prêts relais à taux zéro qui permettraient à des communes sinistrées par des catastrophes naturelles (...) de ne pas être bêtement freinées dans la reconstruction ». Pour lui, il est impératif qu'une commune touchée par une telle catastrophe puisse bénéficier de « relais de trésorerie sans frais » afin de mener à bien sa reconstruction sans risquer la faillite.
