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Bourges veut devenir capitale européenne de la culture en 2028
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Bourges veut devenir capitale européenne de la culture en 2028

Un article rédigé par Guillaume Martin-Deguéret - RCF en Berry, le 6 juillet 2021  -  Modifié le 8 janvier 2024

La ville a officiellement lancé sa candidature samedi 26 juin à quelques heures de la clôture du Printemps de Bourges. Objectif : devenir une terre d’accueil pour les artistes.

Bourges sera-t-elle "capitale européenne de la culture" en 2028 ? © RCF - Florent Sonzogni. Bourges sera-t-elle "capitale européenne de la culture" en 2028 ? © RCF - Florent Sonzogni.

La Méthode Galut

Le maire de Bourges Yann Galut est un fin communicant. La candidature de Bourges pour le label "capitale européenne de la culture" en 2028 était dans les cartons depuis de nombreux mois, et même déjà dans un coin de sa tête, bien avant son élection à la mairie en juillet 2020. Mais L'ancien député socialiste aura attendu le Printemps de Bourges pour annoncer le 26 juin, la candidature de la cité de Jacques Cœur et organiser une conférence de presse dans la foulée, sans doute pour profiter de la présence des médias nationaux dans le Cher, pour le redémarrage du premier festival de France, après les longs mois de silence de la culture à cause de la crise sanitaire.

Bourges en concurrence avec des métropoles

En 2028, deux villes seront sélectionnées pour devenir "capitale européenne de la culture" : une tchèque et une française. Bourges devra faire face à la concurrence d'une dizaines de communes, comme Nice, Reims, Saint-Denis ou encore Clermont-Ferrand. D'autant que la ville avait déjà candidaté en début d'année au label "capitale française de la culture" pour 2022, qui devait servir de « premier étage de la fusée » pour 2028 nous précisait en janvier dernier Yannick Bedin, le maire adjoint délégué à la culture.

L'instant culture Bourges veut devenir capitale française de la culture en 2022

Un échelon au dessus

Raté : c'est Villeurbanne (Rhône) qui avait été choisie, Bourges n'avait même pas fait partie de la présélection : « On a appris un mois avant qu'il y avait cette candidature-là, et ça répondait à des critères bien particuliers » se défend le maire, Yann Galut. « Là, on a un long temps pour travailler. Moi, je suis persuadé que qui ne tente rien, n'obtient rien ! Je suis quelqu'un d'ambitieux pour ma ville... je n’ai pas ce côté " Jamais on va y arriver, on est des endormis, il ne faut rien faire"... Je pense  le contraire ! Bien sûr, on y va pour gagner, mais on y va surtout pour réveiller la ville. »

 

Bien sûr, on y va pour gagner, mais on y va surtout pour réveiller la ville.

 

Une "Villa Médicis" berrichonne

Au-delà même de la candidature pour le label qui a vu le jour en 1985 sous l’impulsion notamment de l'ancien ministre de la culture de François Mitterand, Jack Lang, Yann Galut défend un projet pour la ville, qu'il imagine devenir une terre d’accueil pour les artistes, comme une sorte de "Villa Médicis" en Berry : « Il y a des résidences d'artistes partout, mais il n'y a pas une ville qui en a fait sa spécificité. Moi, je compte créer un « écosystème » pour que les artistes qui viendront s'installer à Bourges, produisent, grandissent, exposent et travaillent à Bourges...»

Un prix Goncourt et... une glaciologue !

Pour soutenir ce projet ambitieux, la ville s'est entourée de deux personnalités pour parrainer cette candidature. D'abord Hervé Le Tellier, dernier prix Goncourt avec son roman "l'Anomalie". Il connaît bien la ville puisqu'il y vient régulièrement depuis 2003 dans le cadre des ateliers d'écriture de l’Oulipo.

 

Il y a un aspect très intéressant dans cette candidature, c'est la transition écologique qui veut être prise en compte, qui sera complètement mêlée à l'aspect culturel.

 

Mais également dans un autre registre, Lydie Lecarmontier, une glaciologue qui vient de signer l'ouvrage "La voix des pôles" sorti en février dernier aux éditions Flammarion. Que vient faire une habituée des voyages en Antarctique dans une démarche culturelle ? « Il y a un aspect très intéressant dans cette candidature, c'est la transition écologique qui veut être prise en compte, qui sera complètement mêlée à l'aspect culturel » répond celle qui est arrivée à Bourges à l'âge de 6 ans et y a grandit. Ses parents sont encore installés ici : « Je reviens plusieurs fois par an, je vois Bourges évoluer et c'est intéressant, parce que moi j'ai beaucoup voyagé et vécu à l'étranger. Plus je voyage et vois d'autres choses, plus je m'aperçois des atouts de Bourges et de la qualité de vie qu'on peut avoir ici... C'est aussi motivant pour porter cette candidature ! »

Gare aux dépenses

En octobre prochain, le ministère de la culture organisera un colloque avec les communes françaises candidates au label. Le ville qui deviendra "capitale européenne de la culture" sera connue fin 2023. Le maire le sait, pour construire ce projet, la municipalité va devoir partir en quête de financements, notamment privés. En Belgique, la ville de Mons "capitale européenne de la culture" en 2015 avait déboursé 70,5 millions d'euros, dont un large majorité venait des deniers publics.

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