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Bordeaux : l’œnotourisme, solution face à la crise viticole ?

Bordeaux : l’œnotourisme, solution face à la crise viticole ?

Un article rédigé par Timothée Croisan - RCF Bordeaux, le 22 mai 2026 - Modifié le 22 mai 2026
Regards sur l'actualitéBordeaux : L'oenotourisme, solution face à la crise viticole ?


L’œnotourisme à le vent en poupe ces dernières années. Selon une étude de l’Agence de Développement Touristique de la France (Atout France), le nombre d’œnotouristes a augmenté de 20 % entre 2016 et 2023. Concrètement, chaque année, la France accueille plus de 12 millions de personnes. Et la Nouvelle-Aquitaine est la première région du pays avec 2,5 millions d’œnotouristes. Dans un contexte de défis pour le secteur viticole bordelais, ce type de tourisme peut-il être considéré comme une solution durable ? Est-il le futur du tourisme viticole en Nouvelle-Aquitaine ? Éléments de réponse avec Brigitte Bloch : directrice développement Innovation du Comité Régional du Tourisme (CRT) Nouvelle-Aquitaine,  Brigitte Tribaudeau : propriétaire du château Mauvinon et Jean-Daniel Debart : président de Saint-émilion Tourisme.

Brigitte Bloch, directrice développement Innovation du Comité Régional du Tourisme Nouvelle-Aquitaine et Jean-Daniel Debart : président de Saint-émilion Tourisme (crédit photo : RCF Bordeaux). Brigitte Bloch, directrice développement Innovation du Comité Régional du Tourisme Nouvelle-Aquitaine et Jean-Daniel Debart : président de Saint-émilion Tourisme (crédit photo : RCF Bordeaux).

C’est un type de tourisme dans lequel la région bordelaise se distingue : l’œnotourisme. Né dans les années 1980, il se développe fortement vingt-ans plus tard. Directrice développement Innovation du Comité Régional du Tourisme (CRT) Nouvelle-Aquitaine, Brigitte Bloch définit l’œnotouriste comme "quelqu'un qui passe une nuit en dehors de chez lui et qui va visiter quelque chose en lien avec le vin". Un touriste qui vient aussi bien de France que de l’étranger comme le Royaume-Uni, la Belgique ou encore les Etats-Unis révèle l’étude d’Atout France

En Nouvelle-Aquitaine, la référence, en matière de vins et de vignobles, demeure Saint-émilion. Cette cité-médiévale a été classée en 1999 au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des "paysages culturels". Une commune qui accueille "1 200 000 visiteurs par an sur le village" révèle Jean-Daniel Debart, président de Saint-émilion Tourisme. Que les touristes viennent pour le vin ou pas, l’un des objectifs de la ville est "de faire vivre une expérience mémorable aux visiteurs qui viennent chercher un beau produit, mais aussi des émotions. Saint-émilion a quelque chose d'extraordinaire, c'est le village. Il faut savoir qu'il n'y a aucun village viticole comparable en Gironde".

Un tourisme qui transforme le secteur viticole Bordelais

Propriétaire du château Mauvinon située à Saint-Sulpice-de-Faleyrens (Saint-Emilion), Brigitte Tribaudeau pratique l’œnotourisme depuis de nombreuses années. Et ce type de tourisme l’a amené à proposer de nouvelles activités au sein de son exploitation viticole : chasse au trésor dans les vignes, soirées kids clubs les vendredis soir pour les familles au cours desquelles "les parents nous confient les enfants et peuvent passer un moment agréable et déguster en toute tranquillité" explique la viticultrice. 

Les jeunes sont également concernés avec de plus en plus d’enterrements de vie de jeunes filles (EVJF) et de garçons (EVG). D’autres exploitations peuvent proposer "un festival", des portes ouvertes ou encore "un concert de musique classique ou de la musique électro en soirée" liste Jean-Daniel Debart. D’autre part, guinguettes et autres after-works ont également vue le jour.

L’œnotourisme, une manne financière indispensable 

Face à la crise que traverse actuellement le secteur viticole bordelais, l’œnotourisme apparaît comme une source importante de revenus pour les professionnels de la région. Brigitte Bloch rappelle "qu’il y a même des propriétaires viticoles qui font 20 % de leur chiffre d'affaires en œnotourisme parce qu'ils ont vraiment développé des produits et structuré le travail autour de cette activité". Et pour Brigitte Tribaudeau, l’œnotourisme représente "70 % de notre chiffre d'affaires". La viticultrice considère cette activité comme "indispensable (..) parce qu'elle nous a permis de nous émanciper un peu des aléas climatiques. Si une année, on ne fait pas de vin, on continue quand même à recevoir du monde".  


De manière globale, une étude menée par "Vin & Société et Deloitte", révèle que l’œnotourisme "génère en France un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros" et "5,4 milliards d’euros de dépenses chaque année, en France, bénéficiant à l’ensemble des vignobles".


Au-delà de l’aspect financier, Brigitte Tribaudeau voit dans l’œnotourisme un tourisme tourné vers l’humain avec des visiteurs, comme les Américains, qui "quand ils repartent, ils nous font des hugs. On a des adresses dans le monde entier pour aller leur rendre visite, ça crée vraiment des liens très très forts avec notre clientèle, et on a des clients qui reviennent chaque année, depuis 10 ans, depuis 15 ans".

 

RCF Bordeaux
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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