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Baisse d'effectif et identité chrétienne : les écoles catholiques font leur rentrée en Maine-et-Loire

Baisse d'effectif et identité chrétienne : les écoles catholiques font leur rentrée en Maine-et-Loire

Un article rédigé par Florian Perray - RCF Anjou, le 11 septembre 2026 - Modifié le 11 septembre 2026
L'invité de RCF Anjou«L'affirmation de la spécificité chrétienne de nos écoles est un enjeu majeur»

C'est la première rentrée des classes pour Laurent Baudrez, nouveau directeur diocésaine de l'enseignement catholique de Maine-et-Loire. Piratage informatique, baisse d'effectif, prévention sur les agressions sexuelles et place de l'Evangile à l'école, Laurent Baudrez fait le point sur l'antenne d'RCF Anjou.

Laurent Baudrez, directeur diocésain ddec 49 ©RCF Anjou 2026Laurent Baudrez, directeur diocésain ddec 49 ©RCF Anjou 2026

La rentrée dans les écoles publiques a été chaotiques à cause de la cyberattaque qui a touché les services de l’Éducation nationale cet été. Ca a été la même chose dans l’enseignement catholique ?

Laurent Baudrez : Sur ce sujet, nous avons été relativement épargnés dans la mesure où les logiciels de gestion scolaire sont des outils indépendants de ceux du rectorat. Tout ce qui concerne les bases élèves — les listes, les classes, les emplois du temps — est géré avec nos propres logiciels. Nous sommes donc moins concernés par cette cyberattaque. Je rajouterai que les messageries avec les familles n’ont pas non plus été impactées. Dans le cadre de la préparation de la rentrée, c’est évidemment un point important.

 

Il faut faire de nos établissements des maisons sûres 

 

La protection des enfants est un autre enjeu majeur de cette rentrée. Qu’est-ce qui est mis en place dans l’enseignement catholique, de la maternelle au lycée, pour prévenir les violences sexuelles ?

Laurent Baudrez : Clairement, la protection de l’enfance fait partie des priorités éducatives de l’enseignement catholique du Maine-et-Loire. Il faut faire de nos établissements des « maisons sûres », c’est-à-dire des lieux sécurisés qui proposent un cadre protecteur aux élèves et aux parents. C’est pour cela que la direction diocésaine s’est structurée afin d’avoir son propre service de protection de l’enfance.

Nous avons recruté l’an dernier une experte dans ce domaine. Son rôle est d’accompagner toutes les situations relatives à la protection de l’enfance dès qu’elles émergent.

 

Concrètement, quel est son rôle ?

Laurent Baudrez : Elle est l’interlocutrice des établissements et elle est en lien avec les instances qui suivent les situations de protection de l’enfance. Je pense notamment à la CRIP, la cellule de recueil des informations préoccupantes, ainsi qu’au parquet d’Angers. Avec ce dernier, nous avons signé l’année passée une convention afin de fluidifier ces liens et de permettre un traitement efficace des situations de violence, qu’elles soient physiques ou sexuelles.

 

Nous avons fait de la protection de l’enfance une priorité éducative 

 

Une seule personne pour l'ensemble des établissements du Maine-et-Loire, est-ce suffisant ?

Laurent Baudrez : Son recrutement date de l’année dernière. Clairement, elle ne s’ennuie pas, mais c’est vraiment une plus-value dans notre accompagnement. Dès lors que nous avons fait de la protection de l’enfance une priorité éducative, nous avons désormais une première réponse structurée pour accompagner ces situations.

 

Quand vous dites qu’elle « ne s’ennuie pas », cela signifie qu’il y a déjà des problèmes qui sont remontés ?

Laurent Baudrez : Régulièrement, il y a des situations à accompagner. Il faut rappeler que nous accompagnons un réseau de 63 500 élèves dans 285 établissements. Inévitablement, il y a donc des situations qui nécessitent un accompagnement. Désormais, nous avons ce relais clairement identifié pour nos chefs d’établissement et pour les familles.

 

Avec ce dispositif, pouvez-vous garantir aux familles que les enfants sont en sécurité dans vos établissements ?

Laurent Baudrez : En tout cas, nous avons tout mis en œuvre pour que le cadre sécurisé que vous évoquez soit clairement établi. Un bilan sera réalisé. Nous attendons d'avoir une année de fonctionnement pour pouvoir l’établir.

 

Nous perdons du terrain à cause de l'érosion démographique, pas à cause de l'école publique 

 

Cette rentrée se fait avec deux écoles de moins dans le réseau catholique sous contrat. La baisse démographique pourrait-elle entraîner d’autres fermetures dans les prochaines années ?

Laurent Baudrez : L’érosion démographique impacte notre département depuis maintenant douze ans. Nous avions perdu 1 000 élèves l’année dernière et, à cette rentrée, nous allons à nouveau perdre autour de 1 000 élèves. Il nous faut donc réorganiser notre maillage. Cette réorganisation passera inévitablement par une proposition adaptée en termes d’accueil des élèves.

 

Est-ce que vous perdez du terrain en raison de cette baisse démographique ou y a-t-il aussi des élèves qui partent vers l’enseignement public ?

Laurent Baudrez : Nous perdons du terrain en raison de l’érosion démographique, et non pas à cause de flux vers l’enseignement public.

 

Les écoles privées ne sont donc pas en crise ?

Laurent Baudrez : Absolument pas.

 

Votre prédécesseur, Philippe Trio, rappelait l’importance de la place de l’Évangile dans les établissements catholiques. Est-ce également votre ligne ?

Laurent Baudrez : Même si nos détracteurs souhaiteraient l’abroger, je voulais rappeler dans un premier temps que la loi Debré, qui fonde l’existence de notre enseignement catholique, reste en vigueur. Elle établit deux principes fondamentaux concernant l’existence de notre enseignement privé sous contrat. Premièrement, elle établit, pour les établissements de notre réseau, une mission de service public d’éducation. Deuxièmement, elle reconnaît la spécificité chrétienne, c’est-à-dire le caractère catholique, de nos établissements.

 

L’affirmation de la spécificité chrétienne de l’enseignement catholique est un enjeu majeur 

 

Les prières dans les écoles catholiques ne vous posent donc pas de problème ?

Laurent Baudrez : L’affirmation de la spécificité chrétienne de l’enseignement catholique est un enjeu majeur. Il faut que nous fassions de notre caractère propre notre marque forte. J’ai pour habitude de comparer cela à ce que font les grandes et moyennes surfaces, qui ont leur propre marque.

 

Vous travaillez sous l’autorité de l’évêque de Maine-et-Loire. L’avez-vous rencontré avant le début de cette année scolaire ?

Laurent Baudrez : Je l’ai rencontré à plusieurs reprises depuis qu’il m’a appelé. Il était également présent lors de la journée de rentrée des chefs d’établissement que nous avons vécue mardi dernier. Nous avons fait une belle communion avec les prêtres du diocèse à cette occasion. Nous avons placé cette journée, comme nous y invite le pape Léon XIV, sous le signe de la relation et de la paix. Le pape Léon XIV nous invite à construire des ponts de dialogue et de paix. L’année de l’enseignement catholique diocésain sera donc placée sous cette thématique de la relation et de la paix.

© RCF Anjou
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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