Avec la guerre au Moyen-Orient, les vols de carburant sont devenus monnaie courante
Les siphonnages de voitures de particuliers ont commencé. Le baril de pétrole est à ce jour à 103 $, soit 88 euros, les tarifs à la pompe augmentent encore pour atteindre dans certaines stations les 2 euros.
Pompes à essence ©PixabayLaisser sa voiture dehors, faire ou non le plein, sont devenus des questions récurrentes car le siphonnage des réservoirs de voitures a commencé. La semaine dernière, deux jeunes hommes arrêtés dans le Forez, dans la Loire, après avoir allègrement vidé onze véhicules. Deux autres jeunes hommes, à Dax dans les Landes, la semaine dernière, ont volé 40 litres d’essence. Les services de gendarmerie, de plusieurs départements, signalent une recrudescence de ces pratiques, déjà observées en 2022.
Siphonner un réservoir est simple, il vous faut un tuyau avec une pompe que vous introduisez dans le réservoir et l’autre bout d’un récipient… et le tour est joué. Le matériel est disponible sur internet et coûte 20 euros en moyenne. Des vidéos explicatives se trouvent sur différentes plateformes.
Aucun dispositif n'est infaillible
Les modèles les plus anciens sont les plus vulnérables, car ils ne possèdent pas de dispositifs de sécurité modernes. Les constructeurs ont intégré des systèmes comme des clapets anti-retour ou des trappes verrouillées pour assurer une meilleure protection. On peut aussi retrouver des réservoirs qui possèdent une forme très complexe. Ils peuvent par exemple être compartimentés. Le voleur, qui ne peut plus accéder au réservoir avec son tuyau, ne pourra donc dérober qu'une partie du précieux liquide.
Des dispositifs qui ne sont pas infaillibles. Par exemple, même si elle est verrouillée, une trappe peut toujours être cassée. Et ça peut coûter cher… En carburant, certes, mais aussi en réparation. Cela dépend du modèle de la voiture et de ce qui a été cassé pendant le vol, mais la facture vacille entre 200 et 1 500 euros pour les pièces et le temps de réparation.
Les autorités recommandent de stationner dans des zones éclairées et sécurisées, de positionner son véhicule de manière à limiter l’accès au réservoir. Il est également conseillé d'éviter de laisser son réservoir plein la nuit ou le week-end, moments où ces vols sont les plus fréquents. Et il est toujours possible de vous équiper de bouchons antivol ou dispositifs anti-siphonnage, notamment pour les voitures anciennes.
Les routiers sont les premiers attaqués
Même si les siphonnages de particuliers sont bien réels, les entreprises ou les routiers sont le plus touchés avec pas moins de 13 800 litres de pertes annuelles, avec parfois plus de 5 000 litres dérobés en un seul mois.
Les faits ne sont pas les mêmes mais se multiplient. On dénombre par exemple 150 litres siphonnés dans une PME de transport dans le Tarn, le 31 mars dernier, des vols de 400 à 700 litres sur des poids lourds stationnés dans des aires d’autoroute ou sur des chantiers dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, voire même jusqu’à 900 litres dans une même entreprise dans la Loire lors d’opérations répétées.
Les autorités ont constaté que la façon d’agir des malfaiteurs avait changé, ce n’est plus une personne ou deux venues dérober quelques dizaines de litres pour leur consommation personnelle, mais plutôt des bandes organisées qui dérobent des quantités plus importantes, parfois plusieurs milliers d’euros, pour les revendre au marché noir à des prix plus bas. La mise en place de dispositifs de sécurité tels que la vidéosurveillance, les bouchons antivol et les parkings sécurisés, les professionnels ne résolvent pas cette tendance directement liée à la hausse durable des prix à la pompe.


