Au Nigéria, une jeune fille captive depuis 8 ans pour avoir refusé de renier sa foi
Leah Sharibu, une jeune Nigériane de 14 ans, a été enlevée il y a huit ans et gardée captive pour avoir refusé de renier sa foi chrétienne. Enlevée avec une centaine de jeunes filles par l'État islamique, elle est la seule à ne pas avoir été libérée un mois plus tard. Guillaume Guennec, directeur du plaidoyer de l'ONG « Portes Ouvertes », nous raconte son histoire et appelle à mettre fin aux violences sexuelles en temps de conflit.
Leah Sharibu ©Capture écran YouTube/Portes OuvertesÀ l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, le visage de Leah Sharibu est remis sous les projecteurs. Cette jeune Nigériane a été enlevée il y a huit ans avec une centaine d'autres filles dans son école par un groupe affilié à l'État islamique. Elle n'avait alors que 14 ans.
Si la plupart des jeunes filles ont été relâchées un mois plus tard, Leah Sharibu manquait à l'appel. Les ravisseurs l'ont gardée captive pour une raison précise : elle a refusé de renier sa foi chrétienne.
Les survivantes ont raconté que les terroristes avaient rassemblé toutes les jeunes filles avant de demander si l'une d'entre elles était chrétienne. Leah Sharibu a alors levé la main. Malgré les tentatives de ses camarades pour la protéger, elle a été identifiée comme chrétienne et sommée d'abjurer sa foi. Refusant de céder, elle est restée détenue alors que toutes les autres captives étaient libérées.
Depuis, Leah Sharibu est restée prisonnière du groupe ISWAP, affilié à l'État islamique dans le nord du Nigeria.
Le symbole d'une crise plus large
L'histoire de Leah Sharibu est aujourd'hui relayée par de nombreuses organisations chrétiennes et par les défenseurs de la liberté religieuse. Elle est devenue le symbole de la complexité de la crise sécuritaire qui frappe le nord du Nigeria. Son histoire met en lumière les persécutions liées à l'identité religieuse, mais aussi le sort de nombreuses femmes et jeunes filles enlevées chaque année par des groupes armés.
Selon l'ONG "Portes Ouvertes", des centaines de femmes et de jeunes filles sont victimes d'enlèvements dans le pays. Les témoignages des survivantes évoquent régulièrement des mariages forcés, des accouchements en captivité, des violences sexuelles et des traumatismes qui marquent durablement les victimes.
Un appel à la mobilisation
Les parents de Leah Sharibu appellent aujourd'hui la communauté internationale à intensifier les efforts pour obtenir la libération de leur fille. Ils demandent également que tout soit mis en œuvre pour lutter contre les violences sexuelles en temps de conflit. La Fédération protestante de France et l'ONG Portes Ouvertes se joignent à cet appel.
Pour Guillaume Guennec, directeur du plaidoyer de l'ONG Portes Ouvertes, il est nécessaire d'exercer « des pressions positives » afin que le gouvernement nigérian redouble d'efforts pour permettre la libération de Leah Sharibu, mais aussi de « toutes les Leah anonymes » qui vivent la même situation.
L'ONG "Portes Ouvertes" demande enfin que les victimes de violences sexuelles bénéficient d'une prise en charge, d'un accompagnement et d'une réhabilitation adaptés.


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