Au Nicaragua, le régime Ortega frappe encore l’Église catholique
Les répressions sur l’Église nicaraguayenne se poursuivent. Le régime autoritaire de Daniel Ortega, président depuis 2007, met les catholiques sous pression. Après l’arrestation de Mgr Rolando Álvarez, c’est au tour de Mgr Abelardo Mata de connaître la prison. Il est alors âgé de 80 ans.
©Punkabillieblue par PixabayAu Nicaragua, l’arrestation de Monseigneur Abelardo Mata pour corruption secoue l’Église. Le 4 juillet 2026, le gouvernement annonce le mois suivant avoir assigné l’évêque émérite à résidence sous étroite surveillance policière. Mais la réalité est tout autre.
Que s’est-il passé ?
C’est le 30 juin 2026 que l’évêque émérite est arrêté. Sa détention est courte, car il est officiellement relâché quelques jours plus tard, le 4 juillet. Mais d’après les informations filtrées du diocèse, sa libération reste restreinte par une étroite surveillance policière et une assignation à résidence. Avant son arrestation, Mgr Abelardo Mata demande de prier pour les évêques et les prêtres en exil. Thomas Oswald, journaliste de l'Aide à l'Église en Détresse, précise qu’une attention particulière a été portée à Mgr Álvarez. Après avoir dénoncé les atteintes à la liberté religieuse et la fermeture des radios catholiques, il est arrêté en août 2022 et est, depuis janvier 2024, en exil au Vatican.
« Cette nouvelle arrestation illustre la répression par le pouvoir contre l’Église catholique »
Le gouvernement nicaraguayen impose des lois très restrictives à l’encontre de toutes les œuvres sociales, notamment les dons provenant de l’étranger. Thomas Oswald raconte que cette mesure a forcé la congrégation des Missionnaires de la Charité à quitter le pays le 6 juillet. « Le gouvernement Ortega-Morillo fait tout son possible pour éteindre l’action de l’Église catholique », explique le journaliste de l'AED. De ce fait, des orphelinats, des écoles et d’autres œuvres sociales catholiques ont été saisis. « Ce sont les plus pauvres qui font les frais de cette politique. »
D’où vient cette répression ?
Officiellement, le gouvernement nicaraguayen est socialiste. Il prône le bonheur du peuple par l’égalité et la fin du capitalisme, explique Thomas Oswald. « Dans les faits, c’est un gouvernement qui ne profite qu’à une petite poignée d’élus, ce qui est une catastrophe pour la majorité de la population », ajoute-t-il. Mais l’Église cherche un système de société plus juste et plus équitable, ce que le gouvernement nicaraguayen ne peut supporter. Elle représente donc une menace idéologique pour le régime Ortega.


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