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Au CESE, parler des pauvres sans les pauvres
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Au CESE, parler des pauvres sans les pauvres

Un article rédigé par Vincent Destival - RCF,  -  Modifié le 25 mars 2021
La représentation des associations de lutte contre la précarité au sein du Conseil économique social et environnemental (CESE) va être limitée à 2 sièges : 2 sièges sur 175.
DR DR

"Un pauvre crie, le Seigneur entend". Voilà ce que nous disent les psaumes. Et notre République, entend-elle ? Veut-elle seulement entendre ?

Il y a en France un lieu qui est chargé d’écouter : c’est le Conseil économique social et environnemental ; la troisième assemblée de notre République. Son rôle est de faire dialoguer les composantes de notre société pour conseiller le gouvernement. 

Une réforme du Conseil est sur le point d’être finalisée. Et sans que cela fasse de bruit, sans que cela ne soulève l’indignation, la représentation des associations de lutte contre la précarité au sein de ce Conseil va être limitée à 2 sièges : 2 sièges sur 175. 1 % des sièges alors que les pauvres représentent 15 % des habitants de notre pays.

C’est donc sans les personnes en situation de précarité que l’on va débattre de politiques publiques qui décident de leur vie, de leur avenir, de celui de leurs enfants. Pour parler pauvreté, peut-être qu’on les écouterait quelques minutes mais pour parler de santé, de transports, de luttes contre les changements climatiques ? Non bien sûr. Quel intérêt de connaitre l’avis des plus précaires ? Votent-ils ? Pour qui ? Investissent-ils ? Non alors, quel intérêt voyons…

Pensez-vous vraiment que nous ayons été si intelligents pour gérer cette planète au cours des dernières décennies ; si brillants que nous puissions nous priver de l’intelligence d’un seul ? Pensez-vous que l’expérience de Michel, ouvrier agricole, ne soit pas intéressante ? Que Pauline, mère de trois enfants, n’ait rien à partager sur l’éducation ? Ou encore que l’avis d’Hakim, qui vit dans un logement insalubre, ne soit pas à écouter ?

Nier le droit à la parole dans le débat public de millions de personnes, c’est refuser de faire société avec eux ; c’est nier leur existence. 

Le Pape François a parlé dans son encyclique "Fratelli tutti" de "ces politiques sociales conçues comme une politique vers les pauvres, mais jamais avec les pauvres". Quelle sera la société pensée sans eux ? Quelle place leur sera accordée dans celle-ci ? 

Nous ne pourrons pas rendre le monde plus juste sans écouter et prendre en compte la parole des personnes pauvres ; seulement à ce moment nous prendrons en compte la parole de tous !

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