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Attal-Bardella : le match des jeunes ?
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Attal-Bardella : le match des jeunes ?

RCF, le 10 janvier 2024  -  Modifié le 11 janvier 2024
L'Invité de la Matinale "Gabriel Attal est l'illustration que notre majorité a su produire des talents" estime Antoine Armand

L’arme anti-Bardella d’Emmanuel Macron s’appelle-t-elle Gabriel Attal ? En propulsant son désormais ex ministre de l’Éducation nationale à Matignon, le chef de l’Etat donne le sentiment de préparer sa succession et la présidentielle 2027. Jordan Bardella, 28 ans, incarne l’héritage du Rassemblement national, lorsque Gabriel Attal apparaît comme le favori pour remplacer Emmanuel Macron à l’Élysée. Outre leur jeunesse, les deux partagent un point commun : leur organisation politique était présente au second tour des deux derniers scrutins présidentiels.

© Hans Lucas - Xose Bouzas - Gabriel Attal, le plus jeune Premier ministre de l'histoire - Attal-Bardella : le match des jeunes © Hans Lucas - Xose Bouzas - Gabriel Attal, le plus jeune Premier ministre de l'histoire - Attal-Bardella : le match des jeunes

Gabriel Attal à Matignon. Ils étaient peu à prédire une telle ascension politique lorsque ce jeune homme d’une trentaine d'années venait chaque semaine, masque sur le nez, justifier la politique sanitaire du gouvernement lors des années covid. Désormais, l’ex porte-parole installe ses cartons à Matignon, et devient par la même occasion le plus jeune Premier ministre de l’histoire.

Cap sur les Européennes

À mi-mandat, Emmanuel Macron envoie Gabriel Attal dans ce que certains aiment appeler “l’enfer de Matignon”. Un choix “éminemment politique, admet Antoine Armand, député de la majorité alors que l’ère Macron à l’Élysée se termine dans quelques mois. Pas de doute : l’ex ministre de l’Éducation nationale est encore celui qui incarne le plus la politique menée par le chef de l’Etat.

Gabriel Attal à Matignon ? Un choix éminemment politique 

Un autre défi de taille à l’échelle attend également Gabriel Attal qui n’en a pourtant pas parlé lors de sa prise de fonction à Matignon. Les élections européennes approchent et il pourrait bien être en première ligne pour mener la campagne en vue du scrutin. La marche semble haute pour le camp d’Emmanuel Macron qui se divise en interne, et qui n’arrive plus à conquérir l’opinion publique. La nomination de Gabriel Attal à Matignon ne semble donc pas vraiment anodine à six mois des Européennes.

Un duel Bardella-Attal en 2027 ?

Et après ? Cap sur 2027 ? Pourquoi pas un jour monter les marches du palais de l'Élysée pour celui qui était étudiant à Science po ? Seul l’avenir nous le dira. Mais si Gabriel Attal reflète le macronisme originel, il n’en reste pas moins désormais la probable future opposition sortante à Jordan Bardella, président du Rassemblement national. La présidentielle 2027 ressemble au match des jeunes. Le nouveau locataire de Matignon aura à peine 38 ans lors de la présidentielle. Jordan Bardella (RN), sera encore plus prématuré du haut de ses 31 ans. Les deux incarnent l’héritage des deux partis présents lors des seconds tours de 2017 et 2022.

Que Gabriel Attal soit propulsé à mi-mandat dans les hautes sphères de Matignon apparaît davantage comme un échauffement sur le ring de boxe qu’un réel aboutissement. Sa jeunesse semble être un atout face à un Jordan Bardella intraitable sur les plateaux télévisions.

Un parallèle que refuse de faire Antoine Armand. “D’un côté, vous avez le plus jeune Premier ministre de la République française. Il a été ministre de l’Éducation, et a pris des décisions, des actes très forts, y compris comme ministre des Comptes publics. De l’autre côté, vous avez Monsieur Bardella, président du Rassemblement national, qui n’a jamais pris une décision. En cinq ans de mandat européen, à part un absentéisme chronique et des erreurs répétées, n’a pas été capable de faire adopter un seul texte”, compare Antoine Armand. “D’un côté, il y a un responsable politique qui agit, et de l’autre un populiste qui parle, ajoute-t-il.

Une prise de position bien différente de celle de l’opinion publique française qui estime, pour un Français sur deux, que Jordan Bardella serait un bon Premier ministre. “Le sujet que nous devons avoir d’ici le mois de juin, c’est de démonter les slogans simplistes de Jordan Bardella”, rappelle le député de Haute-Savoie. "Ce que nous allons montrer dans les prochains mois, c’est l’incohérence et l'inconsistance politique de Jordan Bardella et du Rassemblement national”, conclut-il.

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