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Archéologie, une découverte des peuples gaulois

Archéologie, une découverte des peuples gaulois

Un article rédigé par Cassandre RABRET-DESJOBERT - RCF en Bourgogne, le 28 avril 2026 - Modifié le 28 avril 2026
Le Magazine - avec les invités de la rédactionGérard Bataille - Par toutatis ! Les gaulois ne sont pas les gaulois !

Gérard Bataille, protohistorien, archéologue et ancien directeur adjoint scientifique à l’INRAP apporte son éclairage sur la vie gauloise et déconstruit les idées reçues sur ces sociétés. Plongée dans le sol bourguignon pour mieux comprendre ceux qui ont façonné le territoire bien avant César.

©Christophe Lapostolle ©Christophe Lapostolle

Une vaste mosaïque de sociétés 


Pour comprendre les Gaulois, il faut s'éloigner des caricatures héritées du XIXe siècle, comme les casques ailés ou la statue de Vercingétorix à l'effigie de Napoléon III. Les Gaulois étaient en réalité des Celtes, appartenant à une immense entité culturelle s'étendant de Gibraltar au centre de l'Europe. Selon Gérard Bataille, « ce n'est pas un peuple unique, c'est une mosaïque de sociétés culturellement très proches, mais avec des organisations qui peuvent être différentes ». 

 

ce n'est pas un peuple unique, c'est une mosaïque de sociétés 

 

La Gaule décrite par César était un ensemble de groupes qui partageaient une culture commune durant l'âge du fer (du VIe siècle à 50 av. J.-C.).

 

La Bourgogne, pôle central de la puissance gauloise

La Bourgogne constitue un gisement archéologique majeur pour la période. Elle abritait des peuples puissants comme les Éduens (Saône-et-Loire, Nièvre), les Sénons (Yonne), les Lingons (Langres) ou les Mandubiens (Alésia). Dijon se situait alors dans une zone de frontière stratégique. 

La Côte-d’Or se trouvait en frontière de ces différents groupes, une « zone assez dangereuse à l’époque ». Gérard Bataille précise que ces sociétés étaient organisées « autour de grandes cités qui sont des capitales, des oppida, avec une myriade de villages ouverts et surtout de fermes ».

Le mystère des sépultures assises de Dijon

Les fouilles récentes menées par l'INRAP à Dijon, notamment rue Turgot, ont révélé une pratique funéraire exceptionnelle. Des individus inhumés en position assise, tournés vers l'ouest. 

Ce rite, très rare, interroge les chercheurs. S'agit-il d'un statut social particulier ou de « guetteurs » rituels protégeant le site ? « La raison, on ne l'a pas », admet l'expert, mais ces découvertes confirment l'existence d'une « véritable société qui se met en place avec des vrais rites et une vraie religion ».

 

véritable société qui se met en place avec des vrais rites et une vraie religion. 

 

 

©Hervé LAGANIER INRAP

 

 

 

Une saison culturelle dédiée à l'archéologie gauloise

L'INRAP place l'année 2026 sous le signe des Gaulois pour partager ces avancées scientifiques avec le public. 

En juin, les Journées Européennes de l'Archéologie, JEA, proposeront un village spécifique au square des Bénédictins à Dijon. 

Dans l'Yonne et le Mâconnais, des expositions et des ateliers permettront également de découvrir les vestiges de fermes, de forges et d'ateliers de potiers, témoignant de la vitalité économique de cette période avant la conquête romaine. 

 

 

 

 

 

© RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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