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Après les législatives, la France va-t-elle être gouvernable ?
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Après les législatives, la France va-t-elle être gouvernable ?

RCF, le 20 juin 2022  -  Modifié le 17 juillet 2023
L'Invité de la Matinale Après les législatives, la France est-elle ingouvernable ?

Au lendemain du second tour des législatives, l’Assemblée nationale ne présente pas de majorité absolue. Comment Emmanuel Macron va-t-il pouvoir gouverner ? Pour le sociologue et politologue directeur de recherches au CNRS, William Genieys, la tâche sera compliquée pour le chef de l'État. Et le chemin semé d'embûches...

Parlement, Paris, France. ©Unsplash Parlement, Paris, France. ©Unsplash

La France est-elle devenue un pays ingouvernable ?

 

Au lendemain du second tour des législatives, l’Assemblée nationale ne présente pas de majorité absolue. Selon les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur, la coalition présidentielle dispose de 245 députés, la Nupes entre en force avec 131 sièges et le Rassemblement national fait une percée historique avec 89. Quant aux Républicains, ils comptent sur 61 députés dans l'hémicycle. 

 

Comment Emmanuel Macron va-t-il pouvoir gouverner ? "Ce sera compliqué, prévoit le politologue et sociologue William Genieys, il y aura beaucoup d’embûches sur le chemin du gouvernement d’Emmanuel Macron." La seule issue sera de "rechercher des forces d’appoint pour faire une majorité et faire passer des lois avec plus de 289 voix". 

 

Compromis, le maître mot

 

On a tendance à l’oublier mais "la démocratie représentative est une démocratie dans laquelle on doit chercher le consensus", rappelle William Genieys, directeur de recherches du CNRS. Le maître mot désormais semble être le compromis. "On va être obligé de réintroduire du consensus, de la négociation, encore faut-il que les forces en présence acceptent de jouer le jeu…"

 

Tout porte à croire en effet d’après le politologue, que "la coalition Nupes et RN ne joueront pas le jeu de quelques reformes que ce soit à moins qu’il y ait un intérêt majeur". Il faudra rechercher des voix "sur l’aile gauche et sur l’aile droite". Mais pour William Genieys les négociations se feront "à deux niveaux" : d’une part, "trouver des éléments objectifs d’associations sur le contenu des réformes", comme les retraites ou le pouvoir d’achat ; et d’autre part il faudra se questionner sur "sur la portée politique des forces partisanes qui porteront ces accords et cette coalition". "Si on fait l’accord sur des mesures de gouvernement est-ce que le parti qui fait la force d’appoint ne met pas son existence en jeu ?"

 

 

On va rapidement repasser sur les questions sociales et les questions de mobilisation qui étaient très présentes à la première présidence d’Emmanuel Macron

 

 

Vers un "troisième tour social"

 

On peut lire les résultats de ces élections législatives comme l'aboutissement des différentes crises successives. Et plus largement, comme la conséquences d'un mouvement de fond de contestation des élites et de réveil des courants populistes depuis 15 ou 20 ans, "des phénomènes structurels importants", note le politologue et sociologue William Genieys.

 

"Ça m’a étonné hier soir de ne pas entendre qu’on allait jouer le troisième tour social, sur la réforme des retraites", confie l'observateur. Déjà, ce dimanche, il a pu "apercevoir des Gilets jaunes sur certains ronds-points" près de chez lui... "On va rapidement repasser sur les questions sociales et les questions de mobilisation qui étaient très présentes à la première présidence d’Emmanuel Macron."

 

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