Amiens : l’évêque soutient un prêtre visé par une plainte pour agression sexuelle classée sans suite.
Dans un dossier publié ce jeudi 16 juillet 2026, le Courrier Picard fait état d'accusations d'agression sexuelle à l’encontre de Don François Reynes. Le quotidien revient sur une plainte datant de 2024 contre le prêtre. Plainte classée sans suite par le parquet et par le tribunal canonique. L’évêque d’Amiens a dénoncé cette série d'articles et apporté son soutien au prêtre mis en cause.
Plane sur cette histoire un règlement de compte à la cathédrale d'Amiens ©DRCe qu'il faut retenir :
- Une plainte pour agression sexuelle visant Don François Reynes a été classée sans suite par la justice civile. Une enquête canonique a également été refermée sans poursuites.
- La cellule d'écoute diocésaine a soutenu la plaignante dans un courrier très critique envers l'Église. L'évêque estime que cette prise de position a outrepassé sa mission.
- L'affaire éclate sur fond de tensions internes au diocèse, et des soupçons de règlements de comptes après l'éviction de l'ancien recteur de la cathédrale, Don Régis Evain, qui conteste les raisons de son départ.
Une plainte pour agression sexuelle contre un prêtre classée sans suite, une cellule d'écoute qui critique l'attitude de l'Église, et un évêque qui répond fermement à la presse. Le diocèse d'Amiens traverse un moment difficile. Ce jeudi 16 juillet 2026, Le Courrier Picard consacre trois pages à une affaire mêlant accusations de violences sexuelles, tensions entre prêtres et conflit ouvert autour de la gouvernance de la cathédrale Notre-Dame.
Au cœur du dossier figure une mise en cause de Don François Reynes, prêtre de la Communauté Saint-Martin et récemment nommé recteur par intérim de la cathédrale. Selon les informations publiées par Le Courrier Picard, une paroissienne, qui souhaite conserver l'anonymat, l'a accusé d'une agression sexuelle. Les faits ont donné lieu à une plainte déposée en 2024, classée sans suite par le parquet d'Amiens. Une enquête canonique a également été menée sans non plus déboucher sur des poursuites.
Une plainte pour agression sexuelle classée sans suite
À la suite de ces faits, la plaignante a été confrontée à Don François Reynes, qui a nié les accusations. Elle a également été entendue par la cellule d'écoute diocésaine ainsi que par l'évêque d'Amiens.
Mgr Gérard Le Stang l'a invitée à porter plainte, a effectué un signalement au procureur de la République et a demandé l'ouverture d'une enquête préliminaire devant le Tribunal pénal canonique national (TPCN). Dans son droit de réponse publié par le quotidien régional, le diocèse insiste sur le fait que « la plainte contre Don François Reynes a été traitée avec tout le sérieux nécessaire ».
La plainte a été classée sans suite par le parquet d'Amiens « en raison de l'absence d'éléments et de la présence de contradictions dans les déclarations de la plaignante », indique le diocèse dans son droit de réponse publié par Le Courrier Picard. « Cette enquête a abouti à considérer qu'il n'existait pas d'éléments permettant d'accréditer la thèse de la plaignante. » L'enquête canonique n'a, elle non plus, conduit à aucune sanction.
La cellule d'écoute désavoue le diocèse
Un élément révèle toutefois des tensions internes. La cellule d'écoute diocésaine, chargée d'accompagner les victimes présumées de violences dans l'Église, a adressé un courrier de soutien à la paroissienne.
« Nous n'avons jamais douté de vous et de votre récit. Ce que vous nous avez dit s'est passé. Nous ne sommes pas à la hauteur. L'Église n'est pas à la hauteur », écrit un membre de la cellule d'écoute à la plaignante.
Pour l'évêque d'Amiens, cette prise de position constitue un dépassement du rôle confié à cette instance. « En prenant position sur les faits et en critiquant fortement l'Église, la personne a outrepassé la mission et l'éthique de la cellule », affirme-t-il dans un communiqué publié ce 16 juillet. Et d'ajouter : « La cellule d'écoute est là pour accueillir, écouter et accompagner, au besoin. Elle n'est pas une instance de justice parallèle. »
Cette affaire a conduit à une profonde réorganisation de la cellule d'écoute. Ses membres ont tous démissionné (à l'exception de Sabine Melin) et une nouvelle équipe sera nommée à la rentrée.
Une affaire qui intervient dans un contexte tendu
Le diocèse renouvelle aujourd'hui publiquement sa confiance à l'égard de Don François Reynes. L'Église précise que le prêtre « se réserve la possibilité d'engager des poursuites judiciaires permettant d'assurer le respect de son innocence et de sa réputation ».
Ces révélations interviennent dans un contexte tendu. L'ancien recteur de la cathédrale, Don Régis Evain, a récemment été écarté de ses fonctions par Mgr Le Stang.
En cause, selon lui, une initiative menée au sein de la cathédrale consistant à permettre à un autoentrepreneur amiénois de proposer et de facturer des séances de prière à des fidèles. Une pratique à laquelle l'évêque a rapidement mis fin. Don Régis estime que son opposition à cette décision explique en partie son éviction.
Le diocèse, dans les colonnes du Courrier Picard, explique que Don Régis rencontrait « depuis plusieurs mois des difficultés persistantes dans l'exercice de son office de curé » et que cette mission devait cesser « immédiatement en raison de l'accumulation de difficultés, pour le bien de Don Régis et celui de la paroisse ».
L'ancien recteur apparaît également comme l'un des témoins clés de l'enquête du Courrier Picard. Le quotidien laisse entendre qu'il aurait contribué à faire émerger publiquement l'affaire concernant Don François Reynes. L'intéressé réfute toute volonté de régler ses comptes avec sa hiérarchie. À l'inverse de Mgr Le Stang qui soupçonne Don Régis de règlement de compte. « Il est donné largement la parole a Don Régis dans ces articles qui ont toutes les allures d’un règlement de compte. »
Don Régis Evain a depuis été écarté de ses responsabilités et sommé de quitter la région.
