Aide à mourir : une loi avant l’été ?
La loi fin de vie est examinée pour la troisième fois à l’Assemblée nationale avec un vote final prévu le 15 juillet. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, revient sur cette proposition de loi au micro de Pierre-Hugues Dubois.
Yaël Braun-Pivet, Présidente de l'Assemblée nationale © RCF Notre DameLe projet de loi sur la fin de vie est de retour à l’Assemblée nationale depuis lundi. Plusieurs points, notamment terminologiques, continuent de faire débat. Invitée de la matinale de RCF Notre Dame, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, estime être « au bout du processus parlementaire ».
Projet de loi sur la fin de vie : un débat engagé depuis près de cinquante ans
La réflexion sur la fin de vie existe « depuis extrêmement longtemps », rappelle la Présidente de l’Assemblée nationale. En 1978, le sénateur radical de gauche Henri Caillavet dépose la première proposition de loi relative à la fin de vie sous le nom de « droit de vivre sa mort ». Depuis, la question est revenue à plusieurs reprises dans le débat public, suscitant des désaccords sur la terminologie, les conditions d’application ou encore la responsabilité des médecins, soumis au serment d’Hippocrate.
Le texte est examiné pour la troisième fois à l’Assemblée nationale depuis le 22 juin dans un climat de fortes divisions entre partisans et opposants. Un coup de théâtre a d’ailleurs marqué les débats mardi. Dans un Hémicycle largement déserté par les députés de la majorité favorables au texte, le Rassemblement national a fait adopter un amendement supprimant le délit d’entrave à l'aide à mourir.
Fin de vie : pourquoi le terme « aide à mourir » plutôt qu'« euthanasie » ?
Euthanasie ? Suicide assisté ? Aide à mourir ? La question terminologique occupe une place centrale dans les débats. Alors que le mot euthanasie n’apparaît jamais dans le projet de loi, ses opposants dénoncent un procédé qui ne dirait pas son nom. Yaël Braun-Pivet justifie ce choix : « le mot euthanasie renvoie à des images sombres et à des pages sombres de notre histoire ». Elle estime que le terme « aide à mourir » est plus approprié dans la mesure où il place « la volonté de la personne au cœur » explique-t-elle.
En revanche, la présidente de l’Assemblée nationale reconnait que qualifier l’ « aide à mourir » de « mort naturelle » serait une erreur : « Il ne faut pas se cacher. On sait bien que l'aide à mourir est une action ». Elle réfute également toute contradiction entre le texte et la politique de prévention contre le suicide.
Yaël Braun-Pivet défend un cadre juridique « très protecteur »
Yaël Braun-Pivet l’admet, elle a échangé avec des médecins opposés à la loi fin de vie. Elle reste pourtant convaincue de la pertinence du texte pour les patients et les soignants : « Je crois profondément (…) que la création d'un cadre, d'une procédure et de cas d'ouverture est très protectrice », estime l’ancienne avocate.
Aussi interrogée sur la proposition de loi intégrale dont l’objectif est de protéger les femmes et les enfants des violences sexuelles, la Présidente de l’Assemblée nationale a affirmé son soutient au texte. La loi devrait être inscrite à l’ordre du jour au début du mois d’octobre.
Léon XIV à l’Assemblée nationale ?
Au milieu des débats parlementaires animés, les chrétiens ont les yeux tournés vers la venue du pape en France au mois de septembre. Après son discours remarqué devant le Parlement espagnol, il n’est pas exclu qu’il rencontre la présidente de l’Assemblée nationale. Yaël Braun-Pivet a indiqué qu'elle souhaiterait échanger avec ses équipes, voire organiser une rencontre parlementaire. « Je ne sais pas ce qu'il souhaite (...) nous avons besoin, dans ces temps compliqués, dans ces temps troublés, de paroles fortes, de paroles puissantes, de paroles raisonnées, de paroles de paix », estime-t-elle. Yaël Braun-Pivet à toutefois rappelé son attachement à la laïcité.


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