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Aide à mourir : pour Monseigneur Bozo, "ce rejet par le Sénat révèle une fracture très forte chez les parlementaires"

Aide à mourir : pour Monseigneur Bozo, "ce rejet par le Sénat révèle une fracture très forte chez les parlementaires"

Un article rédigé par Tanguy Sanlaville - RCF Charente-Maritime, le 18 mai 2026 - Modifié le 20 mai 2026

Le 12 mai dernier, les sénateurs ont rejeté la proposition de loi relative à l'aide à mourir. Un vote révélateur des clivages provoqués par le texte pour Monseigneur Bozo, évêque coadjuteur de La Rochelle et Saintes et membre de la Conférence des évêques de France. 

Monseigneur Bozo est membre de la commission Dialogue, bien commun et amitié sociale de la Conférence des Evêques de France. ©RCF17Monseigneur Bozo est membre de la commission Dialogue, bien commun et amitié sociale de la Conférence des Evêques de France. ©RCF17

Le 12 mai dernier, le Sénat a une nouvelle fois rejeté le texte sur l’aide à mourir. Pour rappel, il prévoit notamment d’autoriser "une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale", sous certaines conditions : être âgé d'au moins dix-huit ans, être atteint "d'une affection grave et incurable", présenter une souffrance "soit réfractaire aux traitements, soit insupportable" ou encore être "apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée". 

Des garde-fous qui n'empêchent pas le texte porté par Olivier Falorni, ancien député apparenté Modem de la première circonscription de Charente-Maritime et désormais maire de La Rochelle, d'être fermement condamné par l'Eglise. “On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort”, écrivait ainsi la Conférence des Evêques de France (CEF) en janvier 2026

"Le consensus est moins fort"

Évêque coadjuteur du diocèse de la Rochelle et Saintes, Monseigneur Bozo fait partie de la CEF. Lui-même opposé au texte, il appelle à s’en tenir aux dispositions de la loi Claeys-Leonetti, promulguée en 2016, et souligne les clivages engendrés par la proposition de loi d’Olivier Falorni. "Ce rejet par le Sénat révèle une fracture très forte chez les parlementaires", souligne ainsi l'évêque coadjuteur, qui souligne également l'évolution des votes entre la première et la deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Lors du premier examen du texte, 305 députés avaient ainsi voté favorablement (contre 199 défavorablement), tandis qu'en seconde lecture, le texte avait recueilli 299 voix pour et 226 contre. 

"Le consensus est moins fort", note Monseigneur Bozo, qui s'interroge : "est-ce que sur un tel sujet, qui engagement tellement pour l'avenir [...], on peut s'engager alors qu'il y a un tel dissensus ?". Sans pour autant remettre en question le vote des parlementaires : "l'Eglise dit ce qu'elle a à dire sur la question et cela ne dépend plus vraiment d'elle", insiste l'ancien évêque de Limoges, "mais il nous semblerait juste de prendre notre temps.". 

Vers une décision finale de l'Assemblée nationale ? 

Cette opposition ne devrait toutefois pas suffire à empêcher le texte d'être promulgué. Après le rejet du Sénat, une commission mixte paritaire devrait être constituée cette semaine pour tenter de composer un texte satisfaisant les deux chambres. En cas d’échec de cette dernière, le texte serait alors soumis à un ultime vote devant les députés, qui ont donc déjà voté à deux reprises 

 Pour Olivier Falorni, dont le texte est aujourd’hui porté par sa suppléante Sabine Gervais, ce rejet par le Sénat n’est ainsi pas un véritable coup d’arrêt. "Il semblait à mes yeux évident que ce texte devrait être adopté en dernière lecture à l'Assemblée", souligne le désormais maire de La Rochelle, "je me doutais qu'on aurait ce cheminement-là". Selon Olivier Falorni, le texte devrait être adopté d'ici à "la fin de l'été" : "je ne doute pas que l'Assemblée nationale se prononcera de la même manière que les fois précédentes". 

Monseigneur Bozo souligne le "dissensus" autour du texte sur l'aide à mourir.
Pour Olivier Falorni, à l'origine du texte, le rejet par le Sénat était attendu.
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