Agriculture : booster l’attractivité de l’élevage grâce à l’innovation
Depuis deux ans, le lycée agricole Brioude-Bonnefont a été choisi pour porter un programme ambitieux : ACTIFE. Il doit permettre de booster l’attractivité du secteur et des métiers de l’élevage. Le projet est accompagné par France 2030, le fonds de l’État dédié à l’innovation.
Bruno Bonnell et les personnes à la tête d’ACTIFE, réunis au lycée agricole de Brioude-Bonnefont. ©RCF Haute-LoireDans les prochaines années, de nombreux agriculteurs vont partir à la retraite. Reste l’enjeu de la transmission. Aujourd’hui, une vraie difficulté en Haute-Loire comme ailleurs. Pour essayer de booster l’attractivité, le lycée agricole de Brioude-Bonnefont a été désigné pilote d’un nouveau dispositif. Baptisé ACTIFE, pour accompagner les transitions et l’installation dans le Massif central par la formation et l’élevage. Concrètement, une centaine de personnes et plusieurs établissements agricoles sont associés à ce projet. Le but : stimuler l’innovation agricole et apporter des réponses concrètes aux inquiétudes des jeunes pour s’engager dans l’agriculture.
Parmi elles : le nombre d’heures travaillées. Dans le cadre du projet ACTIFE, le lycée agricole de Moulins, dans l’Allier, va bientôt avoir un robot pour nourrir les vaches. “Dès septembre, il gérera automatiquement l’alimentation de nos vaches pour nous dégager du temps sur d’autres tâches plus proches du métier d’éleveur”, explique Fabrice Ranoux, le directeur de l’exploitation du lycée agricole bourbonnais. Un investissement massif qui doit aussi permettre aux jeunes de se former dessus, pour, pourquoi pas, investir lorsqu’ils seront à la tête de leur propre exploitation. Le lycée d’Aurillac porte un projet similaire avec un slogan choc : éleveur à 35 heures.
Un nouveau diplôme au lycée agricole Brioude-Bonnefont
Dans le même temps, un autre axe de travail de ce plan ACTIFE reste la formation continue. Dans ce cadre-là, le lycée de Brioude-Bonnefont va accueillir un Bachelor Agro dès la rentrée de septembre 2026. Une vingtaine de places seront disponibles pour aller plus loin dans les connaissances apprises en BTS agricole. “Nous avons besoin de créer de nouveaux diplômes et de nouvelles formations pour accompagner la transition numérique et robotique en cours dans les fermes”, explique Alexis Bruhat, le chef de projet ACTIFE.
Pendant les prochaines années, 5 établissements agricoles du Massif central vont bénéficier d’investissements en machines agricoles dernière génération pour former les jeunes et donner envie de se lancer dans l’agriculture. D’autres volets sont aussi prévus, comme les enjeux liés à l’environnement ou la valorisation de l’élevage. Là aussi, des actions spécifiques seront mises en place.
ACTIFE est financé par France 2030
Montant du projet ACTIFE : plus de 6 millions d’euros, dont 3,5 millions d’euros d’aides de France 2030, le fonds de l’État chargé de stimuler l’innovation. Présent en Haute-Loire il y a quelques jours, Bruno Bonnell, le secrétaire général pour l’investissement, rappelle que “sur les 54 milliards de France 2030, 2 milliards sont dédiés à l’agriculture, c’est plus que pour le spatial à titre de comparaison”.
Son ambition : faire émerger une nouvelle génération d’agriculteurs pour qu’ils deviennent “des ingénieurs de la nature”. Selon lui, une manière d’attirer tous les profils vers l’agriculture. “L’appétence viendra grâce aux nouvelles technologies, il ne faut pas en faire des métiers pénibles qui cassent les jeunes”, poursuit l’ancien député macroniste du Rhône.
Les financements doivent permettre au projet ACTIFE de tester et d’innover jusqu’en 2029. Ensuite, une synthèse sera faite. L’idée derrière : généraliser les mesures prises sur notre territoire partout en France pour enfin sécuriser le renouvellement des générations dans l’agriculture.
