Affaire Lyhanna : quelles réponses aux défaillances de la justice ?
À la suite du drame survenu dans le Gers, la justice est bousculée. Faut-il une "loi intégrale" pour protéger les femmes et les enfants des violences sexistes et sexuelles ? La promesse du « zéro papier » au ministère de la Justice dans les six mois est-elle tenable ? Pour en parler, Philippe Gosselin, député LR (Les Républicains) de la Manche, était au micro de Pierre-Hugues Dubois.
DRLa mort tragique de la jeune Lyhanna a mis en lumière les failles de l’institution judiciaire. Face à ce constat, quelles solutions envisager ? La loi intégrale et la promesse du « zéro papier », deux pistes encore largement débattues, pourraient contribuer à une prise en charge plus efficace des affaires d’agressions sexistes et sexuelles.
Une loi intégrale pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles ?
Depuis la mort de Lyhanna, au début du mois de juin, la classe politique réfléchit à la manière de répondre aux violences que subissent les femmes et les enfants. La loi intégrale, d’abord popularisée par les milieux militants puis proposée en 2025 par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, est de nouveau au cœur des débats. Ce texte, qui prévoit des mesures dites intégrales contre les violences sexistes et sexuelles, sera examiné au Parlement en septembre prochain.
Philippe Gosselin, député LR de la Manche, affirme la nécessité de cette loi, mais considère qu’elle doit être élaborée sans précipitation. « Il faut qu’on légifère bien, et pas simplement qu’on dise qu’on a légiféré pour cocher une case », soutient-il. Le député reconnaît en effet l’importance d’une prise en compte plus rapide des demandes et des plaintes dans l’ensemble des secteurs de la société. « Cela suppose sans doute des moyens […] mais il n’y a pas que les moyens, il y a aussi des procédures », remarque-t-il.
Nos enfants et nos petits-enfants sont à protéger, c’est une priorité, comme les femmes évidemment
Le « zéro papier », est-ce faisable ?
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a aussi promis le « zéro papier » afin de répondre aux dysfonctionnements judiciaires mis en lumière par l’affaire Lyhanna. Il entend ainsi accélérer la dématérialisation de la justice. Mais Philippe Gosselin a « du mal à y croire ». D’après lui, « le zéro papier n’est pas non plus la garantie que tout marche bien ».
Si Philippe Gosselin estime que ce mode de fonctionnement rendra certainement les procédures « plus fluides », il déclare qu’« il ne faut pas tout attendre de cette loi ». Selon lui, la responsabilité et l’engagement de chaque enquêteur et de chaque travailleur social demeurent indispensables. Mais, la société doit, d'après lui, éviter de « mettre tous les magistrats et tous les procureurs dans le même sac ». S’il y a eu des manquements ou des fautes judiciaires, la responsabilité incombe à « l’ensemble de la collectivité et donc de l’esprit public », conclut-il.


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