Joël Le Scouarnec : une mission flash s'ouvre à l'Assemblée nationale pour tirer les conséquences de l'affaire
Après les dysfonctionnements révélés dans l'affaire du pédocriminel Joël Le Scouarnec, une mission flash transpartisane a été lancée, ce mercredi 8 avril 2026, à l'Assemblée nationale afin de mettre en lumière les défaillances d'un système et formuler des recommandations sur les actes de viols sériels.
Des membres des associations de victimes de Joël Le Scouarnec réunies devant le Palais de Justice de Vannes en mai 2025. ©RCFÀ l'issue de son procès, le 29 mai 2025, Joël Le Scouarnec a été condamné par la Cour criminelle du Morbihan à vingt ans de réclusion criminelle pour des faits de violences sexuelles sur 299 victimes, essentiellement mineures au moment de faits, et commis entre 1989 et 2014. Le caractère sériel des agissements de cet ancien chirurgien a profondément marqué l’opinion publique.
Dans le sillage de cette affaire, une mission flash (dispositif d'information parlementaire d'une durée de six à huit semaines), a été lancée, ce mercredi, à l’initiative de la Commission des affaires sociales et de la Commission des lois de l'Assemblée nationale.
"Un laboratoire à défaillances systémiques"
Conduite par quatre députées issues de différents groupes politiques — Annie Vidal et Laure Miller (Renaissance), Sandrine Rousseau (écologiste) et Gabrielle Cathala (La France insoumise) — cette mission vise à "tirer les conséquences de l’affaire Joël Le Scouarnec", selon son intitulé. Son but : mettre en lumière de nombreuses failles institutionnelles, dont notamment l'Ordre des médecins, cité de nombreuses fois lors du procès.
Le cas "Le Scouarnec est un laboratoire à défaillances systémiques, estime Manon Lemoine, porte-parole du collectif de victimes de Joël Le Scouarnec. Elle présente beaucoup de défaillances que l'on peut retrouver dans les institutions, l'écoute ou le traitement des victimes". Des éléments que Manon Lemoine rapproche d'autres affaires comme "Mazan, Bétharram, le périscolaire en ce moment ou Jacques Leveugle".
Vers une proposition de loi ?
"On attend que des mesures concrètes en ressortent et qu'elles puissent être portées à travers des changements de lois et des changements institutionnels profonds", affirme-t-elle. Dans le cadre de la mission parlementaire, une quinzaine d’auditions sont prévues.
Seront notamment entendus des victimes, des journalistes ayant enquêté sur l’affaire, des représentants de l’Ordre des médecins ainsi que de la police judiciaire. Le collectif des victimes de Joël Le Scouarnec sera auditionné à la fin du mois d'avril en présence de son avocate, Marie Grimaud, et sa porte-parole. Un rapport est attendu début septembre et pourrait aboutir à une proposition de loi destinée à combler les défaillances identifiées.


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