Affaire Epstein, les dessous de l’affaire
Derrière l’accumulation de millions de documents judiciaires se dessine l’ampleur de l’affaire Jeffrey Epstein. Un dossier tentaculaire, au cœur duquel se croisent exploitation sexuelle, pouvoir et angles morts de la justice, analysé par le criminologue Xavier Raufer au micro de Louis Daufresne.
Xavier Raufer ©RCF Notre Dame“Le nombre de pièces au dossier de cette affaire est d’environ 5,5 millions. On en est à 3,5 millions rendus publics”, explique Xavier Raufer. Ces documents détaillent le système d’exploitation sexuelle de jeunes femmes mineures, impliquant Jeffrey Epstein et ses proches. Parmi eux figure notamment sa compagne Ghislaine Maxwell, Bill Clinton, prince Andrew, Donald Trump ainsi que d'autres personnalités à travers le monde.
L’affaire Jeffrey Epstein révélée à retardement
Mis en cause depuis une vingtaine d'années, les documents, concernant l'homme d'affaire, ne sont rendus publics que depuis novembre 2025, en raison d’un processus extrêmement lourd : "Tous les documents en question doivent être lus et relus pour gouacher le nom des victimes et les photos des victimes pour ne pas les exposer comme ça à la justice publique" explique le criminologue.
Une inscription au registre des délinquants sexuels de Floride
En 2008, Jeffrey Epstein est jugé pour incitation à la prostitution de mineure et condamné à dix-huit mois de prison. “Une peine infiniment au-dessous de la condamnation qu'il aurait dû recevoir, vu la gravité des faits” selon Xavier Raufer.
À cette époque, le financier américain est inscrit au registre des prédateurs sexuels de Floride. “Avant sa condamnation, ses proches pouvaient dire : “j'ai été naïf, j'ai eu confiance”. Mais après 2008, le fréquenter devient extrêmement problématique. C’est pourtant ce qu’ont fait les personnes impliquées”.
Jeffrey Epstein, un homme d’influence
Un “confident” au cœur des réseaux de pouvoir
Ancien professeur de mathématiques, Jeffrey Epstein parvient à s’imposer comme une personnalité influente. Il “s'infiltre dans un cercle de fortunés, rend des services de toutes sortes”, et devient le proche conseiller de grands hommes d’affaires. “C'est un jeune homme malin, il comprend la solitude des patrons de grands groupes ou entreprises.”
À leurs côtés, il s’enrichit et devient un donateur d'institutions prestigieuses comme “Harvard et notamment le Massachusetts Institute of Technology (MIT), qui est sans doute l'université scientifique la plus prestigieuse du monde”. Une manière de “camoufler sa prédation sexuelle derrière de grandes causes”, analyse Xavier Raufer. “C’est ça la troisième culture aux États-Unis, la culture libertarienne qui fait que l'argent pardonne tout.”
Des zones d’ombre persistantes
Entre spéculations et défaillances institutionnelles
Dans son livre-enquête consacré à la vie et à la mort du criminel sexuel, il répond aux nombreuses spéculations apparues dès les premiers signalements judiciaires : liens supposés avec des services secrets étrangers, circonstances de sa mort en prison, ou encore théories alternatives.
S’il écarte l’hypothèse d’un soutien de services de renseignement officiels, le criminologue n’exclut pas l’existence de connexions avec des structures non institutionnelles.
Concernant le suicide de Jeffrey Epstein, survenu un mois après son incarcération en 2019, il se montre catégorique : “Il y a eu une tentative de suicide avant sa mort. À chaque fois, ce soir-là, il y a uniquement la caméra qui est face à la porte de sa cellule tombant en panne. C'est sur procès-verbal. Ça a été constaté par le FBI.”
Alors que seule une partie des documents a été rendue publique, l’affaire Epstein entre désormais dans une nouvelle phase. Les prochaines publications pourraient encore préciser l’ampleur d’un système dont toutes les responsabilités restent à établir.


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