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Abus dans l'Église : l'heure de vérité ?
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Abus dans l'Église : l'heure de vérité ?

RCF,  -  Modifié le 26 juin 2021
Le Temps de le dire Abus dans l'Église : l'heure de vérité ?
Les présidents des conférences épiscopales sont réunis à Rome à l'invitation du pape François pour réfléchir aux moyens de mettre un terme aux abus sexuels sur mineurs dans l'Église.
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C’est aujourd’hui que s’ouvre au Vatican un sommet crucial sur la protection des mineurs dans l'Église. Une rencontre inédite de quatre jours durant lesquels 114 évêques du monde entier, ainsi que des responsables de congrégations religieuses, se réunissent à l'invitation du pape François pour réfléchir aux moyens de lutter contre les abus sexuels. Quels sont les enjeux d'une telle rencontre ? Qu'en attend le pape ? Quelle place l'Église donnera-t-elle après cela aux victimes ?
 

"Il va falloir que les évêques réunis prennent conscience de la gravité des faits"

 

contre les abus, Des signaux forts envoyés par l'Église

En août dernier, le Vatican publiait une "Lettre du pape François au peuple de Dieu" au sujet des abus sexuels. Ce samedi 16 février, la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) a annoncé le renvoi de l'état clérical de l'ex-cardinal américain Theodore McCarrick. Et aujourd'hui, ce sommet sur les abus sexuels "fait partie du dispositif général que le pape veut mettre en place", selon Christophe Henning. L'enjeu étant : "Pendant trois jours, il va falloir que les évêques réunis prennent conscience de la gravité des faits, écoutent vraiment les victimes et remettent à jour le dispoisitif de prévention et de prise en charge de ces situations."
 

Une prise de conscience trop lente ? 

Malgré les gestes et les paroles forts adressés par l'Église, certains critiquent une action encore trop timorée. Cela fait plusieurs années en effet que les faits d'abus sexuels sont mineurs sont dénoncés. Dès 1922, le cardinal Rafael Merry del Val (1865-1930), secrétaire de la Congrégation du Saint-Office, signait un texte secret destinés aux evêques, leur enjoignant, "en cas de viol de mineur de moins de 16 ans par un prêtre, de prendre des mesures extrêment graves à l'encontre des prêtres fautifs", raconte Anne Philibert. L'historienne, autrice de "Des prêtres et des scandales" (éd. Cerf), a pu constater, au regard de ce texte, "une minoration des consignes venues de Rome". Selon elle, "il y a eu un manque évident de sévérité".

Pourquoi donc ce manque de sévérité à l'égard des auteurs d'abus sexuels ? Marie-Jo Thiel a publié dès 1998, le texte "À propos de la pédophilie", un numéro de la revue Document épiscopat (n°10 de juillet 1998). En 2000, elle était présente à l'assemblée plénière des évêques à Lourdes, pour évoquer ces questions. Elle explique que la plupart des évêques "n'avaient absolument pas conscience de la gravité des abus au niveau des victimes", qu'il leur a fallu "prendre d'abord conscience de la gravité de la situation" et comprendre ce qu'est "la pédophilie perverse". La théologienne et médecin évoque aussi "une certaine naïveté" quant à la façon dont on a pu accorder crédit à la parole d'un prêtre coupable qui assurait qu'il ne recommencerait plus.
 

SAUVER L'ÉGLISE OU PROTÉGER LES FIDÈLES

Sauver l'Église ou protéger les fidèles : c'est sans doute encore en ces termes que la question se pose encore aujourd'hui, pour certains mêmbres du clergé "y compris de la curie", témoigne Marie-Jo Thiel. En dénonçant les prêtres abuseurs, "on a toujours peur que l'Église s'écroule et que finalement on touche à son intégrité, or c'est plutôt le contraire". À l'automne 2018, le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, déclarait que les abus "ne concernent pas l’Église comme institution". (Lire l'article du journal La Croix du 30/11/2018).

Alors que "l'on n'a pas encore de définition claire de la tolérance zéro" et que les procédures restent extrêmement "complexes" quand un membre du clergé est dénoncé pour abus, Marie-Jo Thiel soulève un problème de gouvernance au sein de l'Église et son "centralisme excessif". La théologienne souligne le travail de La Parole Libérée et des associations, "et donc des victimes", pour faire avancer la question. "C'est par le biais des victimes que l'on va pouvoir travailler."

 

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