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Abbé Pierre Amar: "la maladie nous fait découvrir la richesse des petites choses"
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Abbé Pierre Amar: "la maladie nous fait découvrir la richesse des petites choses"

Un article rédigé par Jean-Baptiste Le Roux - RCF,  -  Modifié le 7 octobre 2019
Hospitalisé en urgence pour une tumeur, l’abbé Pierre Amar s’est confié sur cette expérience, dans un livre intitulé "Hors-Service" (éd. Artège).
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De l'hyperactivité à l'inaction

Prêtre du diocèse de Versailles, d’une trentaine d’années, l’abbé Pierre Amar est bien connu de la cathosphère pour sa partipation au site Internet Padreblog. Durant l’été 2018, alors qu’il participe à une croisière avec des jeunes, il est hospitalité et opéré en urgence. Pensant à une appendicite, puis à une péritonite, le père Amar est en fait atteint d’une tumeur envahissante.

Il revient sur cet épisode marquant de sa vie, dans un ouvrage intitulé "Hors-Service", publié aux éditions Artège. "En une soirée, de prêtre hyperactif, ma vie a basculé. Je n’ai plus rien fait pendant deux mois à l’hôpital, puis pendant quatre mois en convalescence. J’ai dû expérimenter de façon nouvelle la fragilité, la dépendance et la faiblesse" explique-t-il au micro de Pauline de Torsiac, lui qui n’avait jamais eu de problème de santé.
 

"Je n'étais prêtre pour personne"

Durant ces nombreux mois à être immobilisé, l’abbé Amar explique être passé par différentes phases. "Je n’étais prêtre pour personne. Je ne suis pas moine, je suis curé de paroisse. D’un coup je me suis retrouvé à ne rien faire, à ne plus pouvoir dire la messe, à être inutile, à être impuissant et dépendant. Ce sentiment de profonde inutilité humaine m’a fait rechercher en moi les ressources les plus profondes. Qu’est ce qui est important ? Ce que tu fais ou ce que tu es ? Ce que tu fais ou ce que Dieu fait en toi ?" s’interroge-t-il.

L’abbé Amar compare cette période avec l’expérience de la Croix. "C’est au moment où le Christ est crucifié, incapable de bouger, c’est à ce moment qu’il a sauvé le monde. Son œuvre la plus grande, il l’a fait au moment où il ne pouvait plus bouger. Le christianisme est une religion de paradoxe, comme celui de la Croix glorieuse. Et en tant que prêtre, c’est peut-être quand je suis impuissant que Dieu est encore plus présent, et que je peux donner un message encore plus fort, qui me dépasse" lance-t-il.
 

"L'onction des malades, un sacrement méconnu"

Dans son livre, l’abbé Amar livre de nombreuses anecdotes de son hospitalisation. Des anecdotes qui font sourire, et qui émeuvent. Comme celle du jour où il devait célébrer le mariage d’un jeune couple qu’il avait préparé lui-même. Il ne pouvait donc pas le célébrer. "J’ai sombré dans la souffrance psychologique, en me sentant inutile, si ce n’est de regarder un championnat de golf à la télé. Entre une infirmière qui me voit en larmes. Elle s’assoie à côté de moi et me prend la main. Elle et moi, main dans la main, nous avons regardé le golf. Cela m’a fait un bien fou d’être rejoint dans ma fragilité par une femme qui était loin de la foi chrétienne, et qui savait que j’étais prêtre" raconte-t-il.

De cette épreuve, l’abbé Amar en a tiré plusieurs leçons, et plusieurs enseignements pour sa mission de prêtre. "J’ai certainement beaucoup plus de ressources pour accompagner ceux qui sont malades et ceux qui souffrent. {…] Je n’aurai plus les mêmes mots pour les malades. L’expérience de la dépendance a créé en moi une acuité nouvelle pour les autres. J’ai aussi reçu l’onction des malades. Ce sacrement m’a donné une force intérieure pour affronter l’épreuve. C’est un sacrement méconnu, et qui gagnerait à être donné plus souvent" conclut-il.
 

L'abbé Pierre Amar, au micro de Pauline de Torsiac:

 

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