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À Villeneuve-lès-Maguelone, les archéologues fouillent le Moyen Âge au cœur du village

À Villeneuve-lès-Maguelone, les archéologues fouillent le Moyen Âge au cœur du village

Un article rédigé par VB - RCF Hérault, le 1 juin 2026 - Modifié le 1 juin 2026
Le reportage de la semaineFouilles archéologique à Villeneuve-lès-Maguelone : présentation (1/5)

Depuis le mois de janvier, une équipe de l'INRAP met au jour les vestiges d'un quartier médiéval sous la place de l'église Saint-Étienne. Un chantier exceptionnel, ouvert au public le 13 juin, qui réécrit l'histoire de l'une des plus anciennes villes nouvelles de la région.

Sur le chantier de fouilles de Villeneuve-lès-Maguelone, des archéologues en train de faire un relevé © M. Rochette, InrapSur le chantier de fouilles de Villeneuve-lès-Maguelone, des archéologues en train de faire un relevé © M. Rochette, Inrap

En apparence, ce n'est qu'un chantier de plus dans un centre-ville. Des barrières, des engins, de la terre retournée. Mais à Villeneuve-lès-Maguelone, sous la place de l'église Saint-Étienne, c'est tout un pan du Moyen Âge qui remonte à la surface. Depuis janvier 2026, une dizaine d'archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (l'INRAP) fouillent méthodiquement 800 m² au cœur du village. Le chantier se poursuivra jusqu'à mi-juillet.

Pelle mécanique et pinceau : les outils du temps

Le public imagine souvent les fouilles archéologiques comme un travail de précision absolue avec un geste millimétré. La réalité est plus nuancée, comme l’expliquent les archéologues présents sur le site : "On ne va pas du plus grand au plus petit outil, on alterne en fonction des besoins." Pelle mécanique, petite pelle, pioche, truelle, pinceau… chaque instrument a son heure, selon la nature du sol et la fragilité de ce qu'il renferme. L'objectif reste le même : faire en sorte que les vestiges soient "bien détourés, lisibles, compréhensibles."

Autour du chantier, une véritable base de vie s'est installée, avec vestiaires, bureau, réfectoire, containers à outils. Une dizaine d'archéologues y travaillent quotidiennement, épaulés par des spécialistes qui font des allers-retours réguliers : céramologues, archéozoologues, spécialistes du bâti, anthropologue, stratigraphe spécialiste de l'urbain. Leurs échanges avec l'équipe de terrain permettent de prendre les meilleures décisions au fil de la fouille. Les objets et prélèvements, eux, partent au centre de l'INRAP à Nîmes pour analyses ultérieures.
 

Fouille de la zone nord de place de l’Eglise. A droite de la photographie, le sol empierré d’une rue du bourg médiéval © M. Rochette, Inrap
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Un quartier médiéval sort de terre

Ce que les fouilles révèlent dépasse les espérances initiales. Villeneuve-lès-Maguelone est l'une des plus anciennes villae novae connues dans la région, une "ville nouvelle" médiévale, réinvestie dès le IXe ou Xe siècle. L'église Saint-Étienne y est construite au XIIe siècle, sur une petite butte dominant l'étang de l'Arnel.

Sous la place, les archéologues ont mis au jour les traces d'un quartier organisé : un large mur de terre délimitant un espace structuré, deux bâtisses implantées au carrefour de deux rues, des parcelles cultivées ou dédiées au stockage du grain. Puis, dans les décennies suivantes, la densification de l'habitat : le fossé comblé, de nouvelles pièces construites, une rue empierrée.

Les maisons étaient bâties en terre crue, probablement extraite sur place. Si leurs murs ne sont conservés que sur quelques dizaines de centimètres, les fragments de tuiles retrouvés dans les couches de démolition trahissent des toitures bien réelles. Et dans certaines pièces, des foyers, des dépôts cendreux et charbonneux attestent d'activités artisanales pratiquées au quotidien.

La vie des habitants, objet par objet

C'est peut-être ce qui fascine le plus dans ces fouilles : la capacité des objets à redonner chair à des existences oubliées. Des fragments de céramique, des restes fauniques, des fusaïoles liées au tissage, des lests de filets de pêche, vestiges des habitants qui tissaient, qui pêchaient, qui mangeaient. Et aussi des pions de jeu, retrouvés dans les remblais. 

Aux XIIe et XIIIe siècles, le bourg se dote d'un système défensif : fossé, rempart en pierre de taille, portes structurant les accès. L'une d'elles, la porte Notre-Dame, se trouvait à quelques pas de l'église, à 500 mètres du Port du Pilou. C'est par là qu'entraient les évêques, empruntant le pont reliant l'île de Maguelone et sa cathédrale au littoral. La fouille en a retrouvé une portion, ainsi que les vestiges de la porte elle-même.

Un château médiéval, figuré sur un plan notarial du XVIIe siècle, aurait également existé à cette époque. Aucun mur n'en subsiste, mais de grandes tranchées creusées pour récupérer les matériaux de construction pourraient en trahir le plan.

Rendez-vous le 13 juin

Tout ce travail, le public pourra le voir de près, dans le cadre des Journées de l'archéologie. Le samedi 13 juin, le chantier ouvre ses portes gratuitement, avec des visites guidées animées par les archéologues eux-mêmes, toutes les vingt minutes, de 10h à 11h40 et de 14h à 16h40. Une occasion rare de descendre dans le temps, au cœur du village, sous la place où les habitants se croisent chaque jour sans se douter de ce qui dort là, juste en dessous.

Portes ouvertes : samedi 13 juin 2026, de 10h à 11h40 et de 14h à 16h40 avec visites toutes les 20 minutes, durée 30 à 45 min. Place de l'église Saint-Étienne, Villeneuve-lès-Maguelone. Gratuit, sur réservation en contactant la mairie de Villeneuve-lès-Maguelone au 04 67 69 75 75.

Le reportage de la semaine © RCF Maguelone Hérault
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Le reportage de la semaine
Le reportage de la semaine © RCF Maguelone Hérault
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