A travers la pédagogie, l’École Française de la Montagne "prépare l’avenir"
Élargir les activités de montagne au-delà du ski, c'est la volonté derrière la création de l'École Française de la Montagne par le Syndicat National des Moniteurs de Ski Français (aussi à la tête de l'ESF). Sur RCF Isère, nous recevons, Xavier Perrier-Michon, en charge de l'École Française de la Montagne, l'EFM.
Crédits : Ecole Française de la Montagne RCF Isère : C'est quoi l'École Française de la Montagne ?
Xavier Perrier-Michon : C'est une volonté politique initiée par le Syndicat National des Moniteurs du Ski de venir développer nos activités l'été. Aujourd'hui, nous avons de plus en plus de monde qui vient en vacances l'été, on se devait de proposer à nos vacanciers des solutions de développement de l'activité, mais aussi de découvertes du milieu. L'objectif, à travers de la culture montagne, c'est de donner les bons messages, les bons signaux pour appréhender ce milieu naturel. Alors on a développé depuis quelques années un produit qui s'appelle Mon Aventure Montagne, qui est destiné aux enfants de 3 ans à 12 ans, qui nous permet, à l'instar du Club Piou-Piou l'hiver, de proposer des animations autour d'une activité sportive. Mais surtout, tout ça est entouré de pédagogie, d'apprentissage. C'est vraiment très, très, très important pour nous.
La force de l'École française de la montagne, c'est qu'elle va venir s'appuyer sur l'ensemble des prestataires de nos stations. Alors, en effet, on va venir s'appuyer sur les moniteurs de VTT, on va venir s'appuyer sur les accompagnateurs en moyenne montagne pour la partie randonnée, on peut venir s'appuyer sur les guides pour la partie plus haute montagne… Et à côté de ça, on va venir s’interroger : qu'est-ce qu'est la montagne, comment la protéger, comment l'appréhender, comment se déplacer en montagne ?
RCF Isère : Pourquoi c'est important d'avoir cet aspect pédagogique sur comment se déplacer en montagne, avec quel matériel, comment préserver les massifs ?
Xavier Perrier-Michon : Parce que quand on va en altitude, déjà on va dans un environnement nouveau pour la plupart des gens. Cet environnement se respecte. Quand on va se promener, il y a des chemins à utiliser, il y a des balisages à respecter, et il y a tellement de choses à apprendre sur la flore, la faune, le milieu naturel environnant, qu'on a vraiment une forte valeur ajoutée à ajouter à l'activité physique une dimension apprentissage, pédagogie et découvert du milieu. C'est pour nous une évidence. Et puis, c'est bien aussi de dire aux jeunes et aux moins jeunes, il se passe quoi en montagne ? En fait, l'hiver, c'est facile. On le sait, il y a de la neige, on glisse. Mais quels sont les métiers associés à notre milieu ? Il y a des gens à la montagne qui vivent toute l'année. On se doit d'expliquer tout ça.
RCF Isère : À l'heure aussi où l'enseigement est de plus en plus incertain avec le changement climatique, c'est aussi une alternative au ski de développer cette école de la montagne ?
Xavier Perrier-Michon : Pour l'instant, c'est surtout l'été, mais ça pourrait aussi être l'hiver quand parfois il n'y a pas assez de neige pour pouvoir proposer du ski sur assez de mois. Il faut bien comprendre que nous avons l'École du Ski Français qui est sur la partie enneigée, et l'École Française de la Montagne qui est sur la partie non enneigée. Néanmoins, comme vous venez de le dire, on est bien conscients qu'aujourd'hui on est sur un dérèglement climatique. Il se passe des choses et on ne peut pas le nier. Nous on prend le taureau par les cornes et on essaye de préparer l'avenir : s'il y a moins de neige, on aura l'école française de la montagne pour ces périodes-là.
RCF Isère : Aujourd'hui, on sait aussi que le ski est une source de revenus très importante pour les stations. S'appuyer sur les guides de haute montagne, sur les différents clubs qui peuvent exister en montagne, c'est aussi pouvoir faire vivre économiquement, à l'année, différents acteurs et pouvoir aussi proposer d'autres sources de rentrées financières aux stations ?
Xavier Perrier-Michon : Le premier objectif déjà c'est que cette école soit fédératrice. C'est de fédérer autour de ce schéma l'ensemble des acteurs de la montagne. Alors bien sûr les guides, bien sûr les moniteurs de VTT, bien sûr les moniteurs de parapente, il y en a plein d'autres, mais aussi les élus locaux, les sociétés de remontée mécanique, il faut vraiment qu'on ait une dimension et qu'on soit visionnaire . Préparer l’avenir, c'est une obligation.
Le modèle économique viendra par la suite. Bien entendu qu'aujourd'hui c'est le ski qui tient tout le reste, mais en revanche on prépare l'avenir et on se prépare à ce que tout ça se développe sous d'autres domaines et c'est très bien de le faire.


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