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À Strasbourg, inauguration d'un kiosque à seringues pour réduire les risques
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À Strasbourg, inauguration d'un kiosque à seringues pour réduire les risques

Un article rédigé par Géraud Bouvrot - RCF Alsace, le 4 juillet 2022  -  Modifié le 4 juillet 2022
Les Trois Questions · RCF Alsace À Strasbourg, inauguration d'un kiosque à seringues pour réduire les risques

Ce vendredi 1er juillet, la ville de Strasbourg a inauguré un distributeur de seringues dans le quartier de l'Elsau. Destiné aux consommateurs d'héroïne notamment, ce distributeur a de quoi surprendre au premier abord, mais c'est en réalité une réelle démarche des réductions de risques, pour les consommateurs (qui sont assurés de ne plus se droguer avec des seringues contaminées) mais aussi pour les riverains, puisque le distributeur sert aussi à déposer les seringues usagées, moins susceptibles dès lors de traîner dans la nature. Alexandre Feltz, médecin et adjoint à la santé de la ville de Strasbourg, nous en dit plus.

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RCF Alsace: Est-ce que vous pouvez nous expliquer à quoi sert cet appareil alors?

 

Alexandre Feltz: En fait, c'est un récupérateur/échangeur, c'est-à-dire que ça permet à des usagers qui ont des seringues qui sont usagées de pouvoir avoir une seringue neuve. Donc ils vont prendre leurs seringues ou ne pas l'acheter dans l'espace public, la mettre dans cet appareil qui va le récupérer. Cela leur donne un jeton qui permet d'accéder à une seringue neuve. Et ça permet aussi à des gens qui ont des jetons qui sont donnés par les structures spécialisées, d'avoir une seringue neuve car une ancienne peut-être contaminée par le VIH, par l'hépatite, mais aussi par des bactéries et c'est quelque chose de très dangereux pour la santé des usagers. Donc cela réduit les risques et les dommages pour eux et ça diminue la présence de seringues usagées dans l'espace public. On en a un qui est à la gare, il y a la salle de conso au centre ville qui fait déjà ce travail là. Il me semblait important, dans un lieu où il y a des consommations comme l'Alsace, d'avoir ce type d'échange en sachant que là, on est dans un lieu qui est à l'Est, mais qui est aussi intermédiaire, qui permet à d'autres personnes qui ne sont pas forcément dans des lieux de soins ou qui veulent ne pas être identifiés de pouvoir y accéder, notamment la nuit, puisque c'est un dispositif qui est disponible 7j/7, 24h/24.

 

RCF Alsace: Quels problèmes posait cette consommation de drogue dans le quartier vis à vis des habitants, des riverains?

 

Alexandre Feltz: Ça pose beaucoup de problèmes. Bien sûr, cet appareil ne résout pas toutes les difficultés puisque c'est déjà en difficultés que viennent certains qui consomment sur place, donc ils ont des états modifiés de conscience. C'est pour ça qu'on ne fait pas seulement cela, c'est-à-dire qu'il y a des médiateurs de tapages, donc des mêmes anciens usagers ou usagers, accompagnés avec des éducateurs spécialisés qui vont sur l'espace public. Il y a un bus également de prévention qui vient le lundi et le vendredi, qui a une attention particulière bien sûr, qui est faite en terme de sécurité et d'accompagnement pour essayer de diminuer les nuisances. Bien sûr, ça ne résout pas tous les problèmes, mais c'est un élément supplémentaire de réduction des risques et de sécurité publique qui est proposé.

 

RCF Alsace: Parce que la ville de Strasbourg, justement, elle a fait ce pari là de miser sur la réduction des risques et de considérer les drogués comme des malades plutôt?

 

Alexandre Feltz: On est d'ailleurs une ville qui fédère au niveau européen. Maintenant, au Conseil de l'Europe, on réunit toutes les villes qui ont des salles de consommation à moindres risques et qui travaillent sur ces questions. Donc c'est un problème qui est européen et national. Et toutes les études,  les expérimentations et les retours des élus locaux sont sur ce type de matériel, ce type de dispositif qui permet d'améliorer la situation de sécurité et sanitaire. Elle permet pas de faire disparaître, bien sûr, puisque la toxicomanie est un fléau aujourd'hui mondial et qu'il faut bien sûr continuer à travailler sur ces questions.

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© 3QA Alsace
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Les Trois Questions · RCF Alsace

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