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A son procès, Bernard Preynat reconnaît les faits, tout en les minimisant
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A son procès, Bernard Preynat reconnaît les faits, tout en les minimisant

Un article rédigé par Jean-Baptiste Cocagne - RCF Lyon,  -  Modifié le 15 janvier 2020
Au premier jour de son procès, l'ancien prêtre a reconnu les agressions sexuelles sur de jeunes scouts, sans se rendre compte à l'époque de la gravité des faits.
JB Cocagne - Frédéric Doyez, l'avocat de Bernard Preynat JB Cocagne - Frédéric Doyez, l'avocat de Bernard Preynat

Le procès de Bernard Preynat a donc véritablement débuté ce mardi 14 janvier avec un jour de retard dû à la grève des avocats. L’ancien prêtre responsable d’un groupe scout dans la banlieue de Lyon doit répondre d’agressions sexuelles sur dix jeunes garçons entre 1986 et 1991.

A la barre, le dos légèrement voûté et les bras ballants, Bernard Preynat a reconnu la quasi-totalité des agressions sexuelles, demandant pardon à chaque victime et regrettant ce qui a pu se passer. Une reconnaissance couplée à une minimisation des faits : à l'époque, pour l'ancien prêtre, il ne s'agissait que "de caresses, de câlins, de gestes de tendresse".

"Un simple plaisir personnel qui détruit les gens !" a rétorqué Anthony Gourd, qui estime Bernard Preynat responsable "de sa vie pourrie et merdique". Les victimes ont détaillé à la barre les conséquences lourdes que certains subissent encore aujourd'hui à l'âge adulte : crises de spasmophilie régulières, addictions, tentative de suicide, troubles du sommeil ou encore impossibilité à avoir des enfants.

"Je suis assommé par tout ce qui vient d'être dit et je mesure la responsabilité énorme de ces actes de ma part", a reconnu l'ancien aumônier scout. Une défense qui n'a pas convaincu Me Yves Sauvayre, l'avocat d'une des parties civiles.

Au contraire, pour l'avocat de Bernard Preynat, Me Frédéric Doyez, son client est sincère.

Selon des chiffres avancés par Bernard Preynat lui-même, les agressions sexuelles arrivaient presque tous les week-ends. En dehors des rencontres habituelles du groupe Saint-Luc, quatre à cinq enfants étaient à chaque fois concernés lors des camps scouts, qui duraient une semaine. Des agissements qui ont duré pendant vingt ans.

"J'espère au moins que vous aurez la décence de ne pas faire appel de votre condamnation !" a lancé Pierre-Emmanuel Germain-Thill à la fin de son audition, regardant directement son ancien responsable scout.

Le tribunal s'intéressera ce mercredi à l'examen de la personnalité de Bernard Preynat, avec l'audition de deux experts psychiatres.

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