À Savennières, des vendanges précoces et atypiques
En Anjou, la récolte du raisin bat déjà son plein malgré des rendements qui s’annoncent faibles. Les vignes, frappées par un été caniculaire, donnent des grappes très disparates.
Ivan Massonnat a repris le Domaine du Closel au mois de mai.Le soleil tape dur dans les parcelles du Domaine du Closel. Les quinze hectares de chenin, plantés sur le coteau, dominent paisiblement le village de Savennières. Un seul bruit vient rythmer le silence, celui du claquement des sécateurs. Quatorze vendangeurs s’activent entre les ceps sous l'œil attentif de Simon Dalifard, le chef de culture. “Cette année 2026 nous a apporté plusieurs difficultés, analyse-t-il. La sécheresse nous oblige à faire les vendanges très tôt, et par rapport aux autres millésimes on est obligé de trier les grains car il y a différents stades de maturité sur le raisin”.
Trop de disparité au sein d’une même parcelle
Un constat que partage aussi Ivan Massonnat, le nouveau propriétaire du domaine depuis le mois de mai. Ce premier millésime comporte pour lui “une grande part d’inconnue”, confie-t-il. Dans sa paume ouverte, quatre petits grains de raisin se distinguent par leurs teintes colorées. “Sur la même grappe on peut avoir des raisins verts à peine prêts à être vendangés, d’autres parfaitement jaunes, et des raisins confits qui ressemblent à des raisins secs !”, nous montre Ivan.

Une cueillette plus éprouvante physiquement
Le tri complique le travail des vendangeurs. Matthieu est un habitué : c’est sa cinquième année comme cueilleur. Mais cette année, la méthode change. “On travaille sur un rythme modéré, car il faut être précis dans ce que nous faisons. Il faut oublier le moins de raisin possible … sans pour autant prendre les mauvaises grappes” explique-t-il. On doit être attentif à la couleur du grain et à sa transparence par rapport au soleil”. Et contrairement aux années précédentes, il faut faire trois ou quatre passages dans chacune des parcelles. Une répétition “éprouvante” pour les équipes. Notamment pour les porteurs de hotte qui transportent sur le dos près de 30 kilos de raisin fraîchement coupé.
Un millésime 2026 en faible quantité
Une fois ramassées, les grappes sont emmenées au pressoir. Le jus est ensuite mis en barrique, dans la salle des chais. Mais pour Ivan Massonnat, l’incertitude subsiste… “Les canicules à répétition ont engendré des pertes de rendement. On fera les comptes quand tout sera mis en bouteille, mais je sais déjà qu’on sera en dessous des vingt hectolitres par hectare, ce qui est très faible”, projette-t-il.
Le Domaine du Closel, déjà réputé pour sa production de vins secs, prévoit de développer davantage sa gamme de moelleux dans les prochaines années. Une façon de s’adapter au climat et aux canicules qui risquent de devenir désormais fréquentes…
