À Rennes, une association organise des séjours perchés dans les arbres pour sensibiliser les jeunes à la nature
L'association « Là-Haut » organise des séjours en forêt avec des jeunes issus de quartiers défavorisés pour les éduquer à la biodiversité et à la citoyenneté. Des séjours non seulement en forêt mais surtout... perchés dans les arbres.
Les jeunes des quartiers défavorisés sont les premières cibles de ces vacances forestières. © jplenio par PixabayPrès de 40 000 hectares, dont une majorité de végétation, ont brûlé dans les incendies qui ravagent la France depuis les trois vagues de chaleur de l'année 2026. C'est « évidemment beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l’année dernière, et à la même période en 2022 qui était déjà une saison exceptionnelle », précise ce 20 juillet le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Face à cette catastrophe due au réchauffement climatique, à la sécheresse et à l’artificialisation des sols, une association rennaise propose d’éduquer à la nature des jeunes issus de milieux défavorisés.
« Là-Haut » organise ainsi des séjours perchés en forêt. « Une douzaine de jeunes adolescents passent quatre jours en haut des arbres sans toucher terre », décrit Régis Morel, coordinateur de l'association. Il est naturellement boosté par l'actualité : « Plus qu'avoir des grands discours, on pense que l'idéal c'est de vivre et de ressentir les choses par l’intermédiaire de ce type de projet. »
Solidarité et connexion au vivant
Ces jeunes sont « en partie issus des quartiers, mais pas que... Il y a une mixité sociale », se réjouit Régis Morel. L'association développe plusieurs projets tout au long de l'année au Cleunay, à Rennes (Ille-et-Vilaine). « L'idée, c'est qu'ils aient déjà grimpé, parce qu'il faut être hyper motivé. On constitue ensuite des groupes spécialement pour le séjour. »
Qu'est-ce qui les attire ? « La solidarité et la connexion au vivant : on passe beaucoup de temps à observer l'arbre, voir comment il se comporte », répond Régis Morel. Le tout dans des ateliers ludiques : faire ses besoins et à manger représente déjà un bon challenge. Autre particularité cette année : « on a travaillé autour du récit. On a invité un intervenant, Les Ateliers du bourg, pour produire un fanzine qui sortira en septembre et racontera la vie quotidienne là-haut » dans les arbres.
Régis Morel espère que ces jeunes créeront une génération moins portée sur la bétonisation et plus respectueuse de la nature. « On travaille aussi avec l'Agence régionale de santé, précise-t-il. On voit bien qu'il y a une détente, un confiance en soi » bénéfiques pour la santé mentale.
Quant au volet politique, « on a par exemple cette année un atelier pancartes, raconte Régis Morel. Les jeunes s'expriment pour mettre le vivant au cœur des enjeux et arrêter d’artificialiser les sols. » La sécheresse et le réchauffement climatique appellent effectivement un grand changement de mentalité.


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