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À Poitiers, Léonore Moncond’huy défend son programme pour un second mandat

À Poitiers, Léonore Moncond’huy défend son programme pour un second mandat

Un article rédigé par Matthieu Riolland - RCF Poitou Vienne, le 25 février 2026 - Modifié le 13 mars 2026
Les reportages de RCF PoitouLéonore Moncond'huy maire et candidate Poitiers 2026

Maire écologiste de Poitiers depuis 2020, Léonore Moncond’huy brigue un nouveau mandat à la tête de la liste Poitiers Collectif. Revégétalisation, soutien au commerce, santé des enfants ou encore  mobilités : elle détaille les priorités de son programme et défend un projet de ville « plus verte, plus conviviale et plus accessible ».
 

Léonore Moncond'huy maire et candidate à sa réélection à la mairie de Poitiers.Léonore Moncond'huy maire et candidate à sa réélection à la mairie de Poitiers.

RCF Poitou : La revégétalisation est l’une des premières mesures de votre programme. Comment comptez-vous poursuivre ce chantier ?
La végétalisation de la ville est l’un des domaines où nous avons le plus avancé pendant ce mandat. 

Nous avons largement dépassé nos objectifs, notamment avec la plantation de 40 000 arbres.

Nous avons toujours travaillé sur deux leviers : d’un côté des opérations portées par la mairie, et de l’autre la participation citoyenne. Par exemple, certaines forêts urbaines ont été plantées par des collectifs d’habitants, comme dans le quartier des Dunes. Nous avons aussi lancé des initiatives comme" Une naissance, un arbre", où les parents deviennent acteurs de la plantation. La ville impulse, mais elle embarque aussi les habitants, les associations et les collectifs.  Pour le prochain mandat, nous voulons accélérer la création de “rues jardins”, comme celles de la rue Cornet, de la rue de la Cathédrale ou de la Grand-Rue. Les premiers exemples ont très bien fonctionné et les habitants en demandent dans toute la ville.


Certains élus d’opposition estiment que des places comme la place d’Armes restent trop minérales. 

« Le centre-ville a aussi des contraintes archéologiques » 

Dès notre arrivée, nous avons renforcé la présence d’arbres sur la place d’Armes. Mais il faut rappeler que le centre historique comporte de fortes contraintes archéologiques : on ne peut pas creuser ni planter aussi facilement qu’on le souhaiterait.
Cela ne veut pas dire que rien ne sera fait : le centre-ville est évidemment concerné par la végétalisation, mais on ne pourra pas transformer la place d’Armes en forêt urbaine pour des raisons techniques.


La végétalisation concerne aussi les équipements publics ?
Oui, et notamment les écoles. Les cours jardins, qui transforment les cours en espaces végétalisés avec nichoirs, potagers ou poulaillers, ont très bien marché. Nous proposons d’en créer dix supplémentaires pendant le prochain mandat pour rapprocher encore la nature des espaces éducatifs.


Votre programme prévoit aussi la création d’une foncière locale. Pourquoi ?
À Poitiers, la vacance commerciale est autour de 8 %, ce qui est inférieur à la moyenne nationale pour des villes de taille comparable. La situation n’est donc pas catastrophique, mais il faut agir pour éviter qu’elle ne s’installe.
Nous proposons trois mesures. D’abord dialoguer avec les propriétaires, car le principal problème pour les commerçants est le niveau des loyers, souvent trop élevé par rapport à la réalité du marché. Ensuite, créer une foncière locale. Cet outil permettra à la ville d’acheter des locaux, de les rénover et de les relouer avec des loyers plus accessibles et un cahier des charges favorisant la diversité commerciale.
Enfin, en dernier recours, nous pourrions taxer les locaux vacants depuis plus de deux ans, comme cela existe déjà à Limoges.


Vous souhaitez également développer les commerces éphémères.
Oui. Une première boutique test existe déjà rue des Grandes-Écoles et elle fonctionne très bien. Elle permet à des commerçants de tester leur activité avant de s’installer durablement. Nous voulons désormais développer ce modèle dans d’autres quartiers, notamment aux Couronneries, pour accompagner la rénovation du quartier et redynamiser l’activité commerciale.


Votre programme comporte plusieurs mesures autour de la petite enfance.
La santé des enfants est une priorité. Nous nous inscrivons dans la logique des "1 000 premiers jours", qui couvrent la période de la grossesse aux deux ans de l’enfant.
Nous proposons notamment un dispositif inspiré de l’ordonnance verte : des paniers bio pour les femmes enceintes et les jeunes parents, ainsi que des ateliers avec le CHU pour prévenir l’exposition aux perturbateurs endocriniens.


Vous souhaitez aussi lutter contre la surexposition aux écrans.
C’est un véritable enjeu de santé publique. Nous voulons organiser des ateliers de sensibilisation pour les parents, et instaurer autour des écoles des zones sans écran.
Concrètement, un arrêté municipal interdira l’usage du téléphone portable à proximité immédiate des écoles. L’objectif est simple : remettre l’échange humain au cœur de la sortie d’école.
Nous proposons aussi l’opération “Une naissance, un jouet” : un chèque d’une dizaine d’euros pour acheter un jouet dans une recyclerie, à condition de participer à un atelier de prévention sur les écrans. « Un enfant a besoin de jouets, pas d’écran »

Quelle est votre mesure “coup de cœur” dans ce programme ?

« créer des aires de jeux géantes dans chaque quartier »

 Nous voulons encourager la présence des enfants dans l’espace public et créer des lieux de rencontre pour les familles. Ces espaces comprendront des jeux mais aussi des bancs, des fontaines, des toilettes et des zones de convivialité.


Les mobilités restent un axe fort de votre projet.
Oui. Le Pont-Neuf a posé un nouveau standard pour les pistes cyclables séparées de la circulation. C’est le premier tronçon du réseau express vélo “Picta'Rev” que nous voulons déployer sur dix ans. Côté transports collectifs, la fréquentation des bus a augmenté de plus de 25 % pendant le mandat. Nous proposons donc d’étendre la gratuité du samedi à tout le week-end, de renforcer l’offre le soir et pendant les vacances, et de créer une navette nocturne pour les étudiants et les jeunes.
Nous voulons aussi lancer un plan “ville marchable”, pour améliorer les déplacements à pied et l’accessibilité pour les poussettes ou les fauteuils roulants.

Pourquoi privilégier la gratuité des bus le week-end plutôt que toute la semaine, comme certains de vos concurrents le proposent ?
Parce que les usages sont différents. La semaine, les bus sont surtout utilisés par des abonnés, notamment des salariés dont l’abonnement est en partie payé par leur employeur. Le week-end, la gratuité attire d’autres publics : familles, personnes âgées, et facilite l’accès aux loisirs, à la culture ou au sport. Avec les moyens dont nous disposons, c’est là que l’impact social est le plus fort.


 

RCF86/EG
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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